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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 20:57
L'INCROYABLE FÉBRILITÉ DES GRANDES DÉMOCRATIES OCCIDENTALES ... voir notre rubrique " RELATIONS EUROPÉENNES " - REPRÉSENTATION DU 36ième DESSOUS DE FERTILADOUR ... voir notre rubrique " NUISANCES DUES À L'ACTIVITÉ HUMAINE ".

 

LES PESTICIDES POINTÉS DU DOIGT DANS LA  DISPARITION DES OISEAUX DE NOS CAMPAGNES

 

Alors que le Jour de la Terre a été célébré partout dans le monde le 22 avril, nos responsables gouvernementaux donnent encore l'impression de croire que la disparition des oiseaux dans nos campagnes est essentiellement due à l'artificialisation des sols, engendrée par l'extension excessive de l'urbanisation.

 

Or, s'il est indéniable que le problème d'urbanisation altère profondément la vie de ces petits volatiles dans des contrées fortement urbanisées comme la capitale, les grandes métropoles de province ou encore leurs banlieues, il n'en est toutefois pas de même en ce qui concerne les lieux où dominent les paysages de terroir avec leurs sols largement cultivés. Et pourtant,  c'est justement là que les oiseaux se font de plus en plus rares, puisque environ 30 % des espèces ont disparu en une quinzaine d'années selon les comptages.

 

 

LES PHYTOSANITAIRES RESPONSABLES DU DÉCLIN DES OISEAUX

 

A la question brûlante de savoir ce qui a bien pu chasser et décimer cette population d'oiseaux de nos contrées rurales, les ornithologues et chercheurs évoquent que ces fragiles natures pâtissent de l'intensification des pratiques agricoles, larges utilisatrices de pesticides et herbicides qui ont une influence néfaste sur leur nourriture et donc leur santé. Pourquoi en est-on arrivé à ce stade de régression des espèces, sans même que les autorités françaises et celles d'autres pays prennent pleinement conscience de ce phénomène ?

 

Ces produits phytosanitaires furent pendant des décennies considérés par le monde agricole comme étant la solution miracle aux problèmes posés par la destruction partielle des récoltes due aux insectes et micro-organismes. Les producteurs de ces intrants firent alors espérer aux céréaliers, arboriculteurs, maraichers ou encore viticulteurs, que plus ils épandraient ces pesticides et fongicides sur leurs terres, plus ils auraient de chances de parvenir aux volumes de récoltes espérés. C'est ainsi que notre pays devint un des premiers consommateurs mondiaux de pesticides à l'hectare, sans même s'être un seul instant soucié de savoir si l'utilisation outrancière de cette chimie dans le temps, aboutirait un jour à dévoiler des contreparties négatives, les multinationales de l'agrochimie se permettant de leur côté de faussement rassurer tout le monde en affirmant avec audace que les produits phytosanitaires pouvaient même être considérés comme étant des régulateurs de la biodiversité !

 

Seulement voilà, la plupart des molécules chimiques contenues aussi bien dans ces pesticides qu'herbicides sont désormais répertoriées par la communauté scientifique indépendante à leurs justes valeurs, et qui ne correspondent pas nécessairement à l'idée que les producteurs d'intrants se font de leurs produits, ce qui amène ceux-ci à devoir engager des lobbyistes pour tenter de redorer leur image auprès de la société civile. Écornés par de multiples critiques, les intrants de l'agrochimie sont désignés comme représentant un danger manifeste pour l'humain et l'animal, particulièrement lorsqu'ils sont absorbés sur la durée, au même titre que le sont aussi les organismes génétiquement modifiés (OGM).

 

 

L'AGROCHIMIE EN QUÊTE D'UNE RÉHABILITATION DE SON IMAGE

 

Dans un contexte où les protestations fusent de toutes parts au sujet d'intrants du type Glyphosate (1), produit classé « cancérogène probable » par l'OMS, il n'est pas étonnant que des producteurs tels que BAYER ou BASF(2), groupes à la stature mondiale et aux immenses moyens financiers, cherchent par tous les moyens à réhabiliter leur image en essayant de discrètement influer sur le contenu des publications issues de la recherche publique française. Ainsi vient-on d'apprendre que des travaux de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) sur ces produits phytosanitaires ont été ces dernière années alternativement financés par les deux mastodontes chimiques  précités, et ce du fait de manque de moyens octroyés par notre pays à la recherche scientifique,(3) alors que pendant la nuit du 13 au 14 avril dernier chaque frappe de missile Scalp (coût unitaire 850 000 euros) envoyé en forme de représailles sur la Syrie équivalait à l'occupation d'un ingénieur en chimie organique à plein temps pendant 10 années.

 

Les chercheurs indépendants qui critiquent cette façon de procéder des multinationales de l'agrochimique voient dans cette entremise une atteinte à la déontologique de leur métier. Ils craignent que soit ainsi grande ouverte une voie à des manipulations de toutes sortes qui remettraient fondamentalement en cause les principes de transparence et d'impartialité sans lesquels la recherche scientifique ne pourra plus être prise au sérieux.

                       

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1) Voir notre précédent article : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2016/05/le-glyphosate-un-tissu-de-mensonges.html

 

(2)  L'ancien groupe agrochimique américain MONSANTO, producteur entre autres du tristement célèbre glyphosate, herbicide initialement vendu sous la marque " Roundup ", est passé sous contrôle de l'allemand BAYER, second producteur chimique mondial derrière BASF.

BAYER continue à produire ce glyphosate qui est entre temps vendu sous de multiples marques commerciales.

 

(3)   http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/17/liaisons-troubles-entre-recherche-publique-et-agrochimie_5286544_1650684.html

     

          

Lire aussi  : " Où sont passés les oiseaux de champs? "

analyse présentée par Le Journal du CNRS :

 

                      https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

 

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 07:01

 

 

                       Emmanuel Todd : " Il ne s'est rien passé en Syrie ; l'Occident est perdu."

      

 

                               Écouter l'intervention d'Emmanuel Todd du sur France Culture :

                   

                                                                    https://youtu.be/iEldyA6jvJs

                                                                        

 

... ainsi que celle de Patrick Le Hyaric, vice président du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, devant le Parlement européen, lors de la venue

de E.Macron à Strasbourg le 17/04/2018 :

 

                                                    https://youtu.be/1UjHjjGDklk

 

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 06:16

Vingt ans après, les premières mesures de la radioactivité indiquent une pollution importante des sols, le site est fermé, la direction de l’usine crie à la diffamation.

 

FERTILADOUR / Boucau  : http://fetidadour.blogspot.fr/

 

 

         Invitation à la représentation du 36ième dessous 

             Drame environnemental et humain de Fertiladour             

 
Militants écolos, syndicalistes, politiques vous êtres invités le 8 juin 20
à la représentation du 36ième dessous à Boucau le 8 juin prochain 20h. 

Théâtre documentaire bien vivant mis en scène par sociologues, acteurs et artistes qui ont retrouvé la trace de ce désastre environnemental et humain . 
 
État des lieux, lutte conduite par les écolos pour la révéler et la combattre, témoignages des ouvriers malades ou décédés de maladie incurable des suites de leur exposition aux poussières des roches broyées et aux radionucléides de la monazite. 
 
Merci à la Compagnie Cie "Si et seulement Si" qui nous sort des documents enfouis dans les armoires pour nous donner l'essentiel de ce drame.
 
Merci de votre attention
Merci de votre présence
 
Si vous le souhaitez et pouvez faites circuler l'info. Merci
 
Pour le Comité de soutien aux victimes de Fertiladour, le président, 
Jean Yves Deyris
 
 

 

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 07:12

   Résister à l'emprisonnement des esprits est une lutte qui s'étend tout au long de l'existence.

                                                            Caricature : Cabu

 

 

TRIBUNE LIBRE

 

 

  DÉCRYPTAGE SANS PRÉTENTION  

DE LA NOVLANGUE NÉO-LIBÉRALE

 

par

 

Denis VÉRITÉ

                                                        
                                                                  8 avril 2018

 

 

Je suis récemment tombé sur une déclaration de M. Macron. Je la cite de mémoire : " On réforme partout en Europe, le monde bouge." Il m'a semblé que cette phrase méritait une petite analyse.

Prenons la première proposition. C'est ce qu'on appelle en rhétorique l'argument du précédent, utilisé fréquemment par les apôtres du marché pour nous refourguer leur brouet nauséabond. Le principe est simple : on pose le fait que partout en Europe, et ailleurs dans le monde, sont menées des réformes d'inspiration libérale. La conclusion s'impose d'elle-même : la France, viscéralement opposée, semble-t-il, à ce mouvement global et irrésistible, n'aura d'autre choix en fin de compte que de les appliquer, tôt ou tard.

A ce compte-là, si les pays européens s'avisaient un jour dans un élan d'humanisme de supprimer la liberté d'expression, de rétablir l'esclavage et d'autoriser la torture, il faudrait donc les imiter, comme des moutons de Panurge, au nom de la nécessaire adaptation à " un monde qui change ". Raisonnement totalement inepte qui ne résiste pas une seule seconde à l'analyse. Et qui balaie d'un revers de main la question fondamentale de savoir si les réformes en question sont bonnes ou mauvaises, avant d'être indispensables.

L'autre partie de la phrase nous est servie avec une régularité fastidieuse dans les débats, dans un nombre impressionnant d'essais d'économistes orthodoxes et dans les discours des élites libérales : le monde bouge, le monde change. Étrange personnification ! L'ensemble des sociétés humaines, agglomérées dans un seul corps, devient soudain comme par magie une entité vivante gouvernée dans son évolution naturelle par des lois intangibles que nous devons accepter puisque nous n'avons aucune prise sur elles.

Ce n'est plus d'économie qu'il s'agit, mais bien de biologie. Le monde est un organe. Il vit , il palpite, il respire. Et le sang qui coule dans ses veines, c'est le libéralisme, érigé en principe mécanique de fonctionnement des nations.

Mais cette vision simpliste ne reflète pas la réalité. Les sociétés humaines évoluent, se transforment, tout au long de leur histoire, c'est entendu, seulement, elles le font, dans la plupart des cas, depuis l'aube des temps, sous l'effet des politiques mises en œuvre par les classes dominantes qui s'emploient toujours à tirer profit de leur position pour s'enrichir, défendre leurs intérêts et ceux de leur classe, en écrasant le plus grand nombre. On est loin d'une espèce de processus interne de fermentation.

Hélas, quoique captieux, ces arguments, cent fois, mille fois répétés, selon la formule de Goebels, finissent par entrer dans la tête des gens et y instillent le poison de la résignation. C'est ce contre quoi nous devons lutter. Et ce combat passe aussi par la langue.

 

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 16:12

   LA NOTION DE DÉPLACEMENTS DOUX     REFAIT SURFACE SUR HENDAYE

 

Vue partielle sur le parking du parc des expositions FICOBA qui est la plupart du temps vide, alors qu'il offre de nombreuses places qui pourraient être utilisées pour restreindre l'augmentation des déplacements motorisés transfrontaliers. Photo : Sirius

Vue partielle sur le parking du parc des expositions FICOBA qui est la plupart du temps vide, alors qu'il offre de nombreuses places qui pourraient être utilisées pour restreindre l'augmentation des déplacements motorisés transfrontaliers. Photo : Sirius

Plus d'une décennie après avoir suggéré à l'ancien maire de mettre un frein à l'accroissement constant de la circulation motorisée sur Hendaye, HENDAYENVIRONNEMENT(1) ne peut que se réjouir de constater que même si les problèmes de déplacements urbains n'entraient pas dans le cadre de la révision du Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) qui vient d'avoir lieu (2), nos élus semblent malgré cela avoir enfin pris conscience qu'il est devenu désormais urgent de passer aux actes pour briser la déferlante de véhicules motorisés qui envahit les moindres recoins de notre ville et celles d'ailleurs.

 

Nous ne répéterons jamais assez que les véhicules motorisés, et pas seulement les funestes diesels, émetteurs de particules fines particulièrement nocives pour la santé, ne peuvent plus continuer à submerger notre tissu urbain en déversant leur lot de rejets nocifs qui font annuellement plus de 40 000 victimes dans notre pays et causent par ailleurs la mort ou de lourds handicaps à des milliers de piétons et cyclistes. Il est d'autant plus grand temps de restreindre les déplacements en véhicules motorisés dans villes, que l'on sait que les émissions de ceux-ci portent la plus grande part de responsabilité dans le réchauffement climatique de notre planète, phénomène qui mène peu à peu à la rupture du fragile équilibre sur lequel repose notre avenir sur cette terre.

 

UNE TARDIVE MAIS LOUABLE PRISE DE CONSCIENCE

 

C'est dans le courant de l'été 2005 qu' HENDAYENVIRONNEMENT communiqua à l'ancien maire (qui n'était alors que futur candidat au poste d'édile) un dossier qui reflétait les problèmes liés aux déplacements et à la mobilité en ville, et que des suggestions de solutions lui furent avancées. Les principaux axes de cette mobilité alternative furent, par la suite, publiés sous notre site dans une série d'articles que l'on peut retrouver en cliquant sur les liens ci-dessous. Il fut malheureusement fait très peu usage de ces suggestions, au point que le problème des flux circulatoires sur Hendaye est toujours entier.

 

Lors du dernier conseil municipal du 28 février 2018, qui a uniquement été consacré à la révision du PADD, un court échange entre M. Destruhaut (élu de l'opposition) et Mme Kehrig Cottençon (1ère adjointe en charge de l'urbanisme, travaux, aménagement) nous a, après tant d'années d'immobilisme, de nouveau apporté les raisons d'espérer qu'une utilisation du grand parking attenant au parc des expositions FICOBA pourrait enfin avoir gratuitement lieu, et ainsi symboliser le démarrage d'une politique de changements en matière de déplacements et de mobilité sur Hendaye.

 

Extrait de cet échange :

HENDAYENVIRONNEMENT suggère depuis l'été 2005 de permettre aux automobilistes en déplacements transfrontaliers d'utiliser le parking généralement vide de FICOBA lorsqu'ils se dirigent vers Hendaye ou cherchent à se rendre sur Irun. L'échange entre élus rapporté ci-dessus semble indiquer que ce souhait devrait enfin être rapidement pris en compte.

HENDAYENVIRONNEMENT suggère depuis l'été 2005 de permettre aux automobilistes en déplacements transfrontaliers d'utiliser le parking généralement vide de FICOBA lorsqu'ils se dirigent vers Hendaye ou cherchent à se rendre sur Irun. L'échange entre élus rapporté ci-dessus semble indiquer que ce souhait devrait enfin être rapidement pris en compte.

Il semble qu'un pas décisif en direction de la mise en place de déplacements urbains doux sera fait avec l'ouverture à tous de ces emplacements de stationnement sur l'aire du parc d'expositions FICOBA. Ceci fait, il restera ensuite à rapidement créer des zones piétonnières, développer d'autres liaisons de transports en commun terrestres et maritimes, mais aussi ouvrir en au moins un second point d'entrée du territoire communal d'autres emplacements de stationnement pouvant absorber le plus grand nombre possible d'automobiles pour se donner une chance de transformer Hendaye en une ville où les flux circulatoires parviendraient enfin à être maîtrisés. 

 

Espérons que cette attente ne sera pas une nouvelle fois déçue et qu'Hendaye se dotera à son tour de rues piétonnes pour la plus grande satisfaction de toutes et tous.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1)  Voir nos articles antérieurs à ce sujet :

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-vers-un-plan-communal-de-deplacements-urbains-38831130.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-deplacements-urbains-le-constat-38768158.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-deplacements-urbains-les-solutions-38827314.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-s-102771605.html

 

(2)  Voir le PADD actualisé sur le site de la mairie : http://ville.hendaye.com/?page_id=237

 

 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 14:34

      Manifestation anti-CETA devant le Parlement européen, le 15 février 2017. Photo : Frederick Florin / AFP

                        

            LE CETA HORS-LA-LOI

 

 

Rien n'est plus difficile et rien n'exige plus de caractère que d'être en opposition directe avec son temps et de dire à haute voix, "NON ! ". Kurt Tuscholsky (1890-1935), journaliste et écrivain pacifiste allemand dont les nazis brûlèrent les livres et qui fut en 1933 déchu de sa nationalité.

 

 

 

L'accord commercial et économique global connu sous l'appellation CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement Agreement) est un traité de libre échange signé le 30 octobre 2016 entre la Commission européenne et le Canada qui suscite de nombreuses critiques.

 

On lui reproche de vouloir instaurer un environnement ultralibéral censé favoriser les investissements transatlantiques en dérégulant le fonctionnement des services publics, en rompant avec le droit du travail ainsi que le respect de nos normes alimentaires et sanitaires, et en ouvrant aux multinationales et autres grandes entreprises la faculté de porter devant des juridictions privées des décisions réglementaires ou législatives qui pourraient limiter leurs investissements et donc réduire les profits qu'elles escomptent soutirer de ces derniers.

 

QUID DU CONTRÔLE LÉGISLATIF ET CITOYEN ?

 

Qu'adviendra-t-il des citoyens et de leurs représentants élus face aux pouvoirs donnés aux organes exécutifs de ces entreprises à la stature mondiale ou à des coalitions catégorielles d'entrepreneurs si ce CETA devait être mis en pratique ?

Déjà aujourd'hui, les entreprises peuvent réclamer des milliards d'euros de "compensation" aux contribuables que nous sommes si un tribunal d'arbitrage leur accorde un droit à recueillir des profits qui sont pas rendus possibles suite à l'application d'une décision administrative prise au niveau communal, régional ou même gouvernemental. C'est ce que le CETA appelle dans son propre jargon « la protection des investissements ». Toute autorité administrative élue doit désormais sérieusement réfléchir à la question de savoir si les arrêtés, les réglementations ou encore les lois censés protéger notre environnement ou encore nos droits en tant que salariés et consommateurs, ne vont pas en fin de compte coûter cher au contribuable si l'insatiabilité financière d'une société privée parvient à démonter devant une telle juridiction arbitrale qu'elle aurait pu engranger plus de chiffre d'affaire (et donc de profit) sans l'existence d'une réglementation qu'elle conteste .

On comprend ainsi sans peine que ces tribunaux sont un des grands dangers qui minent le fonctionnement de notre démocratie. Mais, malgré les risques majeurs ainsi encourus, ces tribunaux arbitraux devraient à l'avenir s'octroyer des domaines de compétences encore plus étendus. En effet,  début 2018, les pays de l'UE décideront s'ils veulent ou non donner le feu vert à la Commission européenne pour parvenir à instituer une Cour multilatérale d'investissements qui viendrait bouleverser le fonctionnement juridique existant. [1]
 

Si plusieurs pays importants de l'UE parvenaient à s'opposer à ces nouvelles prérogatives formulées par les multinationales et les secteurs corporatistes coalisés, ces plans pourraient alors être enterrés. C'est pourquoi, chacun de nous est appelé à s'opposer au prolongement  déstabilisateur de ce CETA par tous les moyens légaux (pétitions, interpellation des élus, actions créatives ciblées ...), ceci afin de clairement montrer aux gouvernants européens que nous disons "non" au démantèlement de nos droits citoyens. Nos efforts doivent pour cela se concentrer sur les pays clés de l'UE que sont par exemple Allemagne, la France, l'Italie ou encore  l'Espagne. Nos chances de faire changer le cours des choses ne seraient alors pas illusoires puisque, lors de la négociation similaires du TTIP [2], nous sommes déjà parvenus à faire suspendre tout aboutissement de cet autre traité grâce à des protestations citoyennes massives.

 

COMMENT POURRAIT CONCRÈTEMENT S'EXPRIMER LE DANGER ?

 

En France, une collectivité territoriale cherche par exemple à sortir du contrat de délégation de Service public qui la lie à une grande entreprise privée quasi monopoliste de distribution de l'eau potable au prétexte d'un assainissement insuffisant de ce fluide. Cette dernière conteste cette accusation devant un tribunal arbitral, affirmant que la faute de ce manque incombe à l'agriculture productiviste, grande utilisatrice de nitrates et pesticides, cet argument pouvant lui permettre d'échapper à l'accusation d'insuffisance de résultats et donc continuer à fournir les moindres efforts matériels et financiers pour maintenir une eau de qualité au robinet. Un autre exemple, cette fois concret, est illustré par la volonté délibérée que manifestèrent les Services de l’État sous la présidence de Nicolas Sarkozy de s'adresser aux juridictions arbitrales pour régler les litiges qui impliquaient des restitutions d'argent public, comme cela a été le cas dans le contentieux opposant Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, illustre bien le peu de confiance que l'on peut avoir en ce type de tribunaux privés. [3]

 

En Allemagne, une entreprise internationale du secteur de l'énergie fait par exemple appel au même tribunal arbitral afin de s'attaquer aux réglementations environnementales visant à protéger les cours d'eau contre la pollution. En conséquence, ce pays devra abaisser ses normes environnementales. On assiste déjà aux premières contestations arbitrales avec le cas concret du gouvernement italien qui est actuellement confronté à un tel recours alors qu'il cherche à protéger ses citoyens et l'environnement littoral d'une marée noire en Méditerranée; La compagnie pétrolière Rockhopper Exploration, spécialisée dans l'extraction pétrolière offshore,  réclame 30 millions d'euros de dommages et intérêts à ce dernier au prétexte d'une minimisation de la rentabilité des zones qu'elle exploite.

Avec les mouvements de protestations venus du monde entier, nous avons déjà mené une bataille sans précédent en Europe : ensemble, nous avons empêché que cette justice internationale parallèle ne soit inscrite sans condition dans les accords commerciaux TTIP et CETA. Les entreprises multinationales et corporatistes n'apprécient bien entendu pas cela et font tout ce qui est en leur pouvoir pour se faire entendre par le biais de leurs lobbyistes qui hantent les antichambres de la Commission européenne. Cette dernière institution réagit à cette pression en souhaitant créer une Super-cour arbitrale internationale. Celle-ci serait destinée à devenir une Cour de justice mondiale, exclusivement réservée aux entreprises. Tout nouvel accord commercial inclurait alors un recours à ce système de justice arbitrale sur laquelle le législateur n'aurait désormais plus le moindre droit de regard, façon d'échapper une fois pour toutes au contrôle démocratique des peuples et de leurs élus.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

[1]]http://s2bnetwork.org/world-court-corporations-new-report-exposes-dangers-proposed-multilaterial-investment-court/

 

[2] Lire également nos articles antérieurs sur ce même sujet sous notre rubrique "Relations européennes".

 

 [3] http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/12/20/arbitrage-dans-l-affaire-du-credit-lyonnais-bernard-tapie-renvoye-devant-le-tribunal-correctionnel_5232277_3224.html

 

Rejoignez les rangs de plus de 3 500 000 signataires de la pétition citoyenne européenne : http://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/une-petition-recueille-trois-millions-de-signatures-contre-le-ttip/

 

                                                           Initiative Européenne

                                                              Stop TTIP & CETA

                                                           https://stop-ttip.org/fr/signer/

 

 

 

 

Lire sous notre rubrique "Relations européennes" les articles antérieurs sur le même sujet.

 

 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 15:27

 

 

LES VESTIGES D'UNE FOLIE MEURTRIÈRE

L'amiral Ruge, le maréchal Rommel ainsi que le général von Osterfelder inspectent les installations fortifiées du Mur de L'Atlantique à Hendaye-plage le 9 février février 1944.  Photo : Baumann / Bundesarchiv.

 

Ancien guide polyglotte du Château Observatoire Abbadia, mais également connu pour être un habitué des lieux où sont conservées les gigantesques archives militaires allemandes, à Fribourg-en-Brisgau (Freiburg/Breisgau, Land Baden-Würtemberg), Ramón Barea Unzueta, auteur de l'ouvrage "Guipuzkoa 1940" (également paru en 2003 en version française sous le titre "Hendaia 1940"), est la cheville ouvrière de l'exposition " Baskenland " qui se tient sous l'égide de la CPIE Littoral-basque jusqu'au 22 décembre 2017 à Asporotsttipi,(1) Ce passionné de "Bunkerarchéologie" nous remémore, au travers de cette exposition consacrée à ces colosses de béton, dans lesquels étaient enfouies de puissantes canonnières, à quel point la construction du Mur de l'Atlantique (Atlantikwall) pouvait avoir le caractère d'une ambition démentielle. Ce furent en effet des milliers de ces bunkers que les nazis firent édifier tout au long de la ligne côtière de l'Atlantique qui relie le Bassin de Txingudi au nord de la Norvège, ceci dans le but de consolider, pour la durée escomptée d'un millénaire, un III.Reich honni par la totalité des nations démocratiques de notre planète.

 

L'exposition " Baskenland " est non seulement photo-documentaire, puisqu'elle nous présente un diaporama de 60 minutes qui contient de nombreuses photos souvent inconnues du grand public, mais permet aussi de découvrir des documents et objets liés à l'existence de ces monstres de béton et d'acier qui éveillèrent tant de hantises chez nos aînés. Une visite guidée, richement commentée par l'auteur, est ensuite proposée sur le chemin de crête qui longe les falaises rattachées aux 65 hectares du Domaine d'Abbadia. Elle amène le public à découvrir quelques uns de ces innombrables bunkers qui nous rappellent que les batailles d'artillerie qui se déroulèrent lors de la Seconde guerre mondiale furent, avec les horreurs de la déportation, les deux causes principales de pertes en vie humaines au cours des quelques six années que durera ce conflit.


 

Les quelques bunkers hendayais, reliés aux milliers d'autres qui constituèrent le Mur de l'Atlantique, exigèrent pour être construits l'intervention de plusieurs centaines de milliers de travailleurs qui furent dans un premier temps recrutés parmi des volontaires. Ces derniers étaient avant tout attirés par des salaires supérieurs à ceux alors versés dans le BTP, ou cherchaient encore à échapper au STO (Service du travail obligatoire) qui les envoyaient immanquablement travailler en Allemagne. Par la suite, dès que l'Organisation Todt reçu du " Führer " l'ordre de multiplier le nombre de ces bunkers, en vue de parvenir à mieux résister à un probable débarquement allié, les ouvriers employés à la construction du Mur de L'Atlantique furent alors le plus souvent arbitrairement recrutés.(2)


 

Deux cents grandes entreprises allemandes déléguèrent à environ 15 000 entreprises sous-traitantes françaises du BTP le soin d'ériger ces bunkers. On compta parmi ces dernières des grands noms du secteur, tels celui de la Société de construction des Batignolles ou encore du cimentier Lafarge, mais aussi d'innombrables petites et moyennes entreprises qui furent autant régionales que locales. La participation de celles-ci était une source inespérée de profits pour leurs dirigeants, puisqu'ils bénéficièrent d'une main-d’œuvre non seulement abondante, mais également fort peu coûteuse.

 


Élie Ducommun, journaliste et homme politique suisse, Prix Nobel de la paix de 1902, auteur de l'ouvrage  intitulé " L'inutilité des guerres démontrée par l'Histoire ", avait déjà perçu les rouages qui mènent aux conflits armés et dénoncé le rôle majeur que joue l'économie dans l'enclenchement de ceux-ci. Le désastre engendré par la Première Guerre mondiale qui allait suivre ne pourra que malheureusement confirmer ses vues.

 

La Rédaction d' HENDAYENVIRONNEMENT

 


(1)  Asporotsttipi Maison de la Corniche basque, Route de la Corniche - Hendaye

 

(2)  Lire à ce sujet le portrait ci-après : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/10/cette-rubrique-est-destinee-a-presenter-des-hendayais-es-vivants-tes-ou-disparus-ues-qui-auront-marque-la-vie-de-leur-quartier-et-de

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 19:38

Robot marin sur le point d'être immergé pour rechercher des nodules polymétalliques présents sur les fonds océaniques.

L'industrie électronique est un domaine d'activité économique qui fait énormément appel à l'utilisation des terres rares lourdes desquelles sont extraits les métaux rares, particulièrement utilisés dans les applications de haute technologie civile et militaire. La multiplication constante de la production d'appareils et dispositifs dotés d'électronique sophistiquée confère à ces métaux un statut d'autant plus prisé, que l'on assiste à une raréfaction galopante de ces derniers sur l'ensemble des continents, y compris l'asiatique, où la Chine est détentrice d'environ 95% de la production mondiale actuelle, ce qui a contraint ce pays à considérablement réduire ses exportations en la matière.

 

De ce constat est née, dans les pays occidentaux, l'idée de chercher d'autres sources d'approvisionnement indépendantes et fiables, et qui parviendraient à assurer la pérennité du secteur électronique, aujourd'hui considéré comme primordial pour tout pays prétendant vouloir jouer un rôle industriel et technologique majeur.

 

Or, à l'image de ce que nous avons déjà connu dans le domaine des énergies fossiles où la fin programmée du pétrole a incité les compagnies pétrolières à pratiquer la fracturation hydro-chimique des roches marneuses pour en soutirer ce combustible qui y est confiné, le problème de la raréfaction des métaux rares pousse à leur tour les sociétés minières à prospecter les fonds océaniques à la recherche de ces métaux précieux qui font défaut sur la partie émergée de nos continents, tout ceci se pratiquant aux dépends de la sauvegarde environnementale ainsi que de la préservation sanitaire des habitants de la planète.

 

L'extraction de ces métaux rares à partir des fonds marins, qui sont considérés comme étant l'un des derniers sanctuaires du patrimoine naturel mondial, soulève une totale incompréhension au sein de la communauté scientifique internationale, et les biologistes anticipent déjà un saccage environnemental d'une ampleur supérieure à la fracturation hydro-chimique.des roches marneuses et l'exploitation à ciel ouvert des sables bitumeux. 

 

L'excellent site québécois " Baleine en direct ", spécialisé dans l'étude et la défense des cétacés, mais qui n'oublie par ailleurs jamais de s'engager sur la préservation de la faune et de la flore marines, nous révèle dans un percutant article les inquiétudes qui envahissent la communauté scientifique, révoltée de constater à quel point les législateurs de ce monde se montrent incapables de tirer les leçons d'erreurs environnementales monumentales commises dans le passé.

 

La Rédaction d' HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

L'article de " Baleines en direct " réfutant l'exploitation minière des fonds océaniques :http://baleinesendirect.org/mines-sous-marines/?utm_source=Baleines+en+direct&utm_campaign=bd10569484-EMAIL_CAMPAIGN_2017_10_12&utm_medium=email&utm_term=0_7b025cfcf9-bd10569484-73096537

 

 

 

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 14:47

50 militant·e·s d’Attac, du DAL et du collectif « Nos droits contre leurs privilèges » ont mené une action symbolique devant la boutique LVMH de Saint-Germain à Paris pour alerter sur le danger des mesures fiscales annoncées par le nouveau Président de la République Emmanuel Macron et l’absence de mesures sociales.

 

À l''annonce des mesures fiscales prises en faveur des riches, 10 pères et mères noël en costumes cravate ont déposé des cadeaux fiscaux géants au pied de la boutique LVMH du Boulevard Saint-Germain à Paris. Sur ces cadeaux figuraient les principales mesures fiscales annoncées par le Président : baisse de l’impôt sur les société de 33 % à 25 %, réforme de l’impôt sur la fortune et baisse de charges pérennes pour les entreprises.

 

Le propriétaire de cette boutique n’est autre que Bernard Arnault, l’homme le plus fortuné de France. En 2016, le patron du groupe de luxe a vu sa fortune augmenter de 22 % pour atteindre 37 milliards d’euros, et se hisser à la 11e place mondiale. Il est également un champion de la spéculation immobilière ou sur les œuvres d’art et l’un des artisans, avec le soutien de la mairie de Paris, de la transformation du centre de la capitale en musée, chassant ainsi les habitants les plus modestes qui avaient réussi à s’y maintenir. Le 5 mai dernier, Bernard Arnault avait adoubé le Candidat Macron seul capable de porter « un programme de liberté et de stimulation du succès économique » dans une tribune publiée dans « son » journal, Les Échos. Et on le comprend ! Grace aux mesures fiscales prévues par Emmanuel Macron, c’est le patrimoine et les avoirs de Bernard Arnault et des autres fortunes de France qui risquent d’être inutilement stimulés dans les années à venir.

 

Ces cadeaux fiscaux, le soutien à la spéculation immobilière et la casse du droit du travail, voulus par le président, vont frapper de plein fouet salarié·e·s, précaires, locataires ou habitant·e·s des quartiers populaires. Plus pour une poignée de privilégiés, moins pour le plus grand nombre. Pour les précaires, c’est la casse du système de santé, des retraites, du statut locatif, l’accélération des expulsions de logement, aucune mesure ne permet la baisse des prix des loyers et le relogement des sans abris, des mal logés, des DALO ! Si nous ne le combattons pas, celui qui est déjà perçu comme le président des banques et des multinationales renforcera la crise sociale et écologique et donnera du grain à moudre à l’extrême-droite.

 

 

Source : Texte + photo ATTAC

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:37
L'ACCIDENT NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA
        L'ACCIDENT NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA

                福島第一原子力発電所事故                                   

 

Alors que les sociétés à capitaux majoritairement publics AREVA et EDF sont au bord du gouffre financier avec un endettement cumulé avoisinant les 46 milliards d'euros du fait des dérapages des coûts de construction et de maintenance de nos centrales nucléaires, la commémoration du sixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima (11 mars 2011) vient nous rappeler les risques majeurs que font encourir cette forme de production d'énergie ainsi que le stockage des déchets nucléaires hautement radioactifs qu'elle produit. C'est pour faire pleinement prendre conscience des dangers encourus que nous reproduisons ci-dessous, en quelques chiffres, ce que sont les conséquences humaines et matérielles de l'épouvantable accident nucléaire de Fukushima qui, après celui de Tchernobyl, marquera d'une façon indélébile notre mémoire collective et démontrera une fois de plus à quel point le nucléaire, qu'il soit militaire ou civil, possède un caractère diabolique. 

 

Il est grand temps que notre pays se tourne enfin vers la production d'énergies renouvelables qui, au delà de la sérénité d'esprit qu'elles apportent, démontrent chaque jour un peu plus leur efficience et offrent par ailleurs l'opportunité de créer des centaines de milliers d'emplois qualifiés dans une branche industrielle qui fait encore cruellement défaut à notre pays. Pourquoi devrions-nous continuer à massivement importer nos besoins en photovoltaïque et éoliennes dans une phase où le destin du nucléaire semble définitivement marqué par le caractère hasardeux de cette technologie !

 

L'ACROnique de Fukushima est publiée par L'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest) (1)

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

(1) L'ACRO possède son propre laboratoire d'expertises en radioactivité et propose ses compétences en toute indépendance par rapport à nos institutions étatiques..

 

 

                                      L'ACROnique de Fukushima                                                                Chiffres clés du sixième anniversaire

 

Situation des réacteurs

Les travaux visent essentiellement à sécuriser les réacteurs accidentés qui sont encore menaçants. A proximité, les débits de dose sont tels que le temps de séjour doit être très limité, ce qui complique les travaux. Voir la dernière carte officielle de TEPCo avec les débits de dose. TEPCo a mis en ligne un webdoc retraçant les étapes importantes depuis le 11 mars 2011.

 

Réacteur n°4

La cuve était vide le 11 mars 2011 et il n’y a pas eu de fusion du cœur, mais une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Depuis décembre 2014, la piscine de combustible du réacteur a été vidée et les travaux sont arrêtés.

 

Réacteur n°3

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Tous les débris de la partie haute ont été retirés à l’aide d’engins télécommandés. Un nouveau bâtiment qui va couvrir le tout et permettre de vider la piscine de combustibles est en cours d’assemblage. Le débit de dose est si élevé, que les travaux sont plus complexes que prévu et le chantier a pris du retard. Il y aurait entre 188 et 394 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 364 tonnes pour le réacteur n°3. Ce dernier contient du combustible MOx, à base de plutonium.

 

Réacteur n°2

Il y a eu fusion du cœur, mais le bâtiment réacteur est entier. TEPCo n’a pas commencé à retirer les combustibles usés de a piscine, mais a tenté de localiser le corium, ce mélange de combustible fondu et de débris, par divers moyens. Les débits de dose à l’intérieur du bâtiment sont tels qu’il est impossible d’y travailler. Dans l’enceinte de confinement, des niveaux record ont été observés. Même les robots qui y ont été envoyés n’ont pas résisté longtemps. Il y aurait entre 189 et 390 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 237 tonnes.

 

Réacteur n°1

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Ce bâtiment avait été recouvert d’une nouvelle structure en 2011, qui a été entièrement démantelée en novembre 2016. TEPCo va commencer à retirer les débris de la partie haute du réacteur, pour, ensuite, reconstruire une nouvelle structure afin de vider la piscine de combustibles. Il y aurait entre 232 et 357 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 279 tonnes.

 

Débris

TEPCo aurait retiré 200 400 m3 de débris radioactifs issus des réacteurs accidentés qui ont été mis dans des conteneurs métalliques.

 

Eau contaminée

TEPCo injecte respectivement 72, 108 et 72 m3 d’eau par jour dans les réacteurs 1, 2 et 3 pour refroidir les coriums. Cela fait un total de 252 m3/j. Cette eau se contamine fortement et s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine où elle se mélange à l’eau des nappes phréatiques qui inonde ces mêmes sous-sols.

 

Pour réduire les fuites d’eau souterraine radioactive en mer, TEPCo pompe en amont avant que cette eau soit contaminée par les réacteurs et la rejette directement dans l’océan. Cette eau est essentiellement contaminée au tritium, qui est de l’hydrogène radioactif. Dans un des puits de pompage, il y a environ 2 000 Bq/L, mais après dilution par l’eau des autres puits, l’eau rejetée en mer a une contamination de l’ordre de 130 à 140 Bq/L.

 

Elle a aussi construit une barrière tout le long du littoral et pompe les nappes phréatiques au pied des réacteurs. Une partie de cette est partiellement décontaminée et rejetée dans l’océan. Une autre partie, trop contaminée, est mélangée à l’eau pompée dans les sous-sols des réacteurs pour être mise dans des cuves après traitement, en attendant une meilleure solution. Quelques données récentes sur la contamination des nappes phréatiques sont ici en japonais : il y a jusqu’à 240 000 Bq/L en bêta total. Celle en tritium, monte à 58 000 Bq/L.

 

Ainsi, TEPCO pompe quotidiennement 135 m3 d’eau contaminée dans les sous-sols des bâtiments réacteurs et turbine, en plus de celle qu’elle injecte pour le refroidissement et 62 m3 des nappes phréatiques, ce qui fait un total de 197 m3 qui s’accumulent quotidiennement dans des cuves après traitement. C’est plus en cas de pluie, voire beaucoup plus lors des typhons.

 

TEPCo annonce avoir déjà traité 1 730 390 m3 d’eau contaminée, ce qui a généré 597 m3 de boues radioactives. Une partie de cette est utilisée pour le refroidissement et le reste est stocké dans des cuves. Selon la compagnie, le stock d’eau traitée ou partiellement traitée s’élève à 937 375 m3 auxquels il faut ajouter 52 200 m3 d’eau dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine. Il y a près d’un millier de cuves pour garder cette eau qui occupent presque tout le site de la centrale.

 

Certaines ont fui par le passé, entraînant une contamination des nappes phréatiques à proximité. Dans la zone H4, la contamination en tritium peut toujours atteindre 15 000 Bq/L.

 

Depuis mars 2016, TEPCo tente de geler le sol tout autour des réacteurs accidentés afin de réduire les infiltrations et la dispersion d’eau polluée, mais ce n'est pas aussi efficace que prévu. L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, doute sérieusement de l’efficacité de cette technique qu’elle considère désormais comme secondaire. On peut le voir sur ce graphe, où la baisse des volumes d’eau à stocker chaque jour n’est pas très forte. La glace ne prend pas par endroit, où les courants souterrains sont les plus forts (données officielles sur le gel du sol).

 

Environ la moitié des travailleurs sur le site sont là à cause de l’eau contaminée.

 

Travailleurs

 

A la centrale nucléaire de Fukushima Daï-Ichi

• Du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

 

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv.

 

• Le 1er avril 2016 a remis tous les compteurs à zéro. Ainsi, 174 travailleurs qui avaient dépassé la limite de dose vont pouvoir revenir. Depuis cette date, jusqu’au 31 décembre 2016, 14 643 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée, dont 13 027 sous-traitants (89%). Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes. Parmi eux, on ne sait pas combien étaient déjà exposés aux rayonnements avant le 1er avril 2016.

 

• Il y a eu des travailleurs d’origine brésilienne qui ne parlaient pas bien japonais et ne comprenaient pas toujours les consignes de radioprotection. L'ambassade du Brésil a réagi.

 

• Si d’énormes progrès ont été faits pour les conditions de travail sur le site, avec la construction d’un bâtiment dédié à l’accueil et au repos, équipé d’une cantine et d’une superette, il reste des problèmes liés à la sous-traitance en cascade. 

 

• 3 travailleurs ont vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle : deux leucémies et un cancer de la thyroïde. L'un a porté plainte contre TEPCo et Kyûshû Electric.

 

Il y a 15 cancers en tout chez ces travailleurs, dont 8 cas de leucémie.

 

• Stigmatisation : selon une étude menée sur 1 417 employés de TEPCo qui travaillaient à Fukushima daï-ichi ou daï-ni au moment de l’accident, 181, soit 12,8%, ont été insultés ou ont subi des discriminations à cause de leur emploi. Ces travailleurs avaient un taux de troubles post-traumatique 5,7 fois plus élevé que les autres employés de TEPCo sur place qui n’ont pas été stigmatisés. C’était encore 3,7 fois plus trois ans plus tard.

 

• Les vêtements protecteurs contre la contamination par les poussières radioactives sont à usage unique. Ils ont engendré 64 700 m3 de déchets radioactifs que TEPCo espère incinérer.

 

Cartographie de la pollution radioactive

• La dernière cartographie aérienne de la pollution radioactive autour de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi date de 2015 et est disponible en ligne sur le site dédié.

 

 

Cette nouvelle carte fait apparaître les zones encore évacuées et une baisse moyenne de 65% du débit de dose ambiant par rapport à ce qui était mesuré à l’automne 2011. La décroissance radioactive est responsable d’une baisse de 53%. Le reste est dû au lessivage des sols et, par endroits, aux travaux de décontamination.

 

Décontamination

La décontamination des zones évacuées est sous la responsabilité du gouvernement. Ailleurs, là où l’exposition externe pouvait dépasser 1 mSv/an, ce sont les communes qui doivent s’en occuper.

 

• Dans les zones évacuées, les travaux de décontamination sont officiellement terminés, sauf pour les zones dites de retour difficile (source). Cela signifie que la décontamination a été effectuée dans les habitations et leurs jardins, le long des routes, sur les terrains agricoles et sur 20 m dans les forêts qui bordent ces espaces.

 

• Dans les zones non évacuées, 104 communes étaient concernées, mais avec la baisse naturelle de la radioactivité, c’est passé à 94. Une carte est donnée page 14 de ce document. A Fukushima, 15 communes sur 36 ont terminé. Les autres provinces concernées sont Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama et Chiba. Le nombre de communes où les travaux sont terminés est page 15 de ce même document. A noter qu’une commune de Tochigi n’a toujours pas établi de programme de décontamination.

 

Déchets radioactifs

Voir notre reportage de l’été 2016 sur le problème des déchets issus de la décontamination.

 

• Selon les données officielles, il y a 7 467 880 sacs avec du sol contaminé issu des travaux de décontamination dans les zones évacuées (un sac fait 1 m3 environ), et dans les zones non évacuées, 5 740 858 m³ de sols contaminé répartis sur 146 489 sites (source).

 

• Pour le centre d’entreposage provisoire, qui doit accueillir environ 22 millions de mètres cube de déchets sur 1 600 ha ou 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi pour une durée maximale de 30 ans, le gouvernement n’a signé de contrat qu’avec 633 propriétaires fonciers (26,8%), pour une surface totale de 287 ha (ou 2,87 km2), soit à peine 17,9% de la surface totale. (Source). Les autorités veulent réutiliser ces sols quand ils seront passés sous la limite de 8 000 Bq/kg pour le césium.

 

Personnes déplacées

• Recensement national : Le Japon effectue un recensement de sa population tous les 5 ans. Les deux derniers ont eu lieu en 2010, juste avant la catastrophe et en 2015. Au 1er octobre 2015, la population de la province de Fukushima a baissé de 5,7% par rapport à 2010 (115 000 personnes en moins), celle de Miyagi de 0,6% et celle d’Iwaté de 3,8%.

 

Ce recensement est basé sur les personnes réellement présentes et non les personnes enregistrées. Ainsi, dans les communes de Namié, Futaba, Ôkuma et Tomioka il y a zéro habitant. La population de Kawauchi, où l’ordre d’évacuer a partiellement été levé en 2014, la population a baissé de 28,3%. A Naraha, où l’ordre d’évacuer a été entièrement levé en septembre 2015, la population a baissé de 87,3%.

 

Certaines communes qui accueillent des personnes déplacées ont vu leur population augmenter.

 

Sur tout le Japon, le nombre d’habitants a baissé de 0,7% (- 947 000) en cinq ans et était de 127,11 millions au 1er octobre 2015. Le nombre d’habitants a augmenté à Tôkyô (+2,7%), Saïtama et Aïchi. La plus forte baisse est à Akita (-5,8%) qui n’a pas été touchée par la triple catastrophe. Fukushima a la deuxième plus forte baisse, avec -5,7%.

 

• Nombre de personnes déplacées : A Fukushima, il y avait encore 84 289 personnes déplacées, dont 40 405 résident en dehors de la province en novembre 2016 (source). Ce nombre est passé sous les 80 000 depuis : 79 446 au 20 février 2017 (39 818 en dehors de la province de Fukushima et 39 608 dans la province). C’était de 160 000 en février 2012 (source). Une partie de ces personnes se sont réinstallées sans rentrer chez elles et ne sont plus comptées. C’est le cas, notamment, pour celles qui sont originaires des zones dites de retour difficile.

 

Ces chiffres ne prennent en compte que les personnes qui bénéficient d’un logement mis à leur disposition par les autorités. Une fois réinstallées, elles ne sont plus comptées comme « personnes déplacées » par les autorités. Pour 5 communes situées autour de la centrale accidentée, la télévision publique NHK estime que le nombre de personnes vraiment déplacées est 42 000 alors que les autorités n’en comptent plus que 17 781. C’est 24 000 de plus que le chiffre officiel.

 

Sur toute la zone affectée par la triple catastrophe (séisme, tsunami et accident nucléaire), il y aurait encore 123 168 personnes déplacées dans des logements temporaires, à la date du 13 février 2017.

 

A la date du 20 février 2017, il y avait, à Fukushima, encore 12 381 personnes hébergées dans des préfabriqués, peu confortables. Plus de 40% ont plus de 65 ans. En juillet 2012, elles étaient 33 016 (source). A la fin janvier 2017, c’est 35 503 en tout pour Iwaté, Miyagi et Fukushima, les trois provinces les plus touchées par le tsunami. Il y a beaucoup de personnes âgées isolées qui n’ont pas la force ou la volonté de reconstruire ou rechercher un logement. Dans certains complexes, il n’y a que des personnes âgées (source).

 

Selon un sondage effectué par l’Asahi, à la question « combien de temps faudra-t-il encore pour retrouver la vie qu’ils avaient avant la catastrophe ? »,

  • 50% répondent plus de 20 ans ;
  • 21% environ 20 ans ;
  • 16% environ 10 ans et
  • 7% environ 5 ans.

 

• Levée de l’ordre d’évacuer : Le Japon se refuse toujours de baisser la limite de dose à partir de laquelle il lève les ordres d’évacuer, et maintient la valeur la moins protective des normes internationales, à savoir 20 mSv/an. Pour en savoir plus, lire le rapport rédigé pour les cinq ans de la catastrophe, Fukushima cinq ans après, retour à l’anormale, aussi disponible en anglais.

 

L’ordre d’évacuer a été levé dans 5 communes (Tamura, Minami-Sôma, Kawauchi, Katsurao et Naraha), mais seulement 13% des personnes concernées sont rentrées, soit environ 2 500 personnes sur 19 460. A Naraha, c’est 11% et à Katsurao, c’est 9%.

 

Il devrait être aussi levé à la fin mars 2017 dans une partie d’Iitaté, de Kawamata, de Tomioka et Namié (source). Ne devraient rester que les zones dites de retour difficile, là où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an (voir la note explicative sur les doses et les limites). La levée des ordres d’évacuer pour ces quatre communes concerne 32 000 personnes. Il y a 24 000 personnes originaires des zones dites de retour difficile. La surface évacuée va être réduite à 30% de sa valeur initiale.

 

Les personnes qui sont parties d’elles-mêmes, par crainte de la radioactivité, ne bénéficient d’aucune indemnisation, à l’exception d’une aide au logement qui doit cesser à la fin mars 2017, sauf dans certaines provinces. Il s’agit souvent de femmes qui sont parties pour protéger leurs enfants.

 

A Tomioka, la commune veut rouvrir les écoles et les collège en avril 2018. Il y avait 2 écoles primaires et deux collèges avant la catastrophe, avec 1 400 élèves. Un seul établissement rouvrira en 2018. En attendant, la commune a ouvert une école et un collège à Miharu avec 15 primaires et 18 collégiens. Cet établissement devrait fermer en 2022. (Source : Fukushima Minpo).

 

Si des familles rentrent dès cette année, il y aura un bus pour aller dans les établissements scolaires de Naraha. C’est plus de 75% chez les moins de 30 ans.

 

A Namié, 53% de la population a indiqué ne plus vouloir entrer. Un seul établissement scolaire, combinant primaire et collège, va rouvrir.

 

Selon un sondage effectué par l’Asahi,

 

  • 40% des personnes interrogées à Fukushima pensent que les ordres d’évacuer ont été levés au bon moment ;
  • 19% pensent que c’est trop tôt ;
  • 22% pensent qu’ils n’auraient pas dû être levés et
  • 9% pensent que c’était trop tard.

 

• Brimades et discrimination : Alors que les révélations sur des cas de harassement et de brimades (ijimé) d’enfants évacués à l’école se sont multipliées ces derniers temps, l’Asahi a effectué un sondage auprès de personnes déplacées et a reçu 184 réponses valables, dont 147 émanent de personnes encore déplacées :

 

  • 18% ont déclaré qu’elle-même ou un membre de leur famille a été victime de discrimination liée à la catastrophe nucléaire ;
  • 44% ont dit avoir été témoin ou entendu parlé de discrimination autour d’elles ;
  • 33% n’ont pas été victime et ne connaissent aucun cas.

 

La télévision publique NHK a aussi fait réaliser une enquête auprès de 9 500 foyers originaires des quatre communes les plus proches de la centrale de Fukushima daï-ichi, à savoir, Ôkuma, Futaba, Tomioka, et Minami-Sôma. 741 familles ont répondu. Il en ressort que 54 familles ont répondu que leurs enfants ont subi des brimades ou ont été discriminés car ils étaient évacués de la catastrophe nucléaire (3 à la maternelle, 28 au primaire et 21 au collège).

 

Pour 32 cas, c’était de la violence verbale, pour 22 autres, de l’ostracisme, 13 ont subi des violences physiques et dans 5 cas, il leur était demandé de payer. Les indemnisation reçues par les familles étaient souvent évoquées. Dans un cas, il était demandé à un enfant de sauter du troisième étage. Un autre enfant a été menacé avec un couteau sous prétexte qu’il n’avait plus le droit de vivre. Plus de 60% des enfants ont arrêté de dire qu’ils étaient originaires de Fukushima.

 

Dans un autre article, la NHK mentionne que sur ces 741 familles, 334 ont répondu avoir ressenti de la discrimination, du harcèlement… Dans le questionnaire à choix multiples, 274 ont mentionné un lien avec les indemnisations, 197 leur statut de réfugié et 127 les retombées radioactives.

 

Impact sanitaire

Voir le rapport dédié de 2016.

• La triple catastrophe a officiellement provoqué 15 893 décès directs auxquels il faut ajouter 2 553 disparitions (source) .

 

• Le nombre de décès dus à la dégradation des conditions de vie (aggravation de la maladie, suicides…) est de 2 099 à Fukushima, au 28 novembre 2016 (source). En septembre 2016, c’était 3 523 en tout pour la triple catastrophe, soit 116 de plus qu’il y a un an.

 

Le nombre de décès directs, dus au tsunami, est de 1 828 à Fukushima (source).

 

• En ce qui concerne les cancers de la thyroïde, voir les dernières données publiées le 21 février 2017 : le total est de 184 cas potentiel dont 145 confirmés après chirurgie.

 

Coût de la catastrophe

Les chiffres officiels relatifs au coût de la catastrophe ont été revus à la hausse en décembre 2016 pour atteindre 21 500 milliards de yens (175 milliards d’euros). Cela inclut le démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, à hauteur de 8 000 milliards de yens (65 milliards d’euros), 7 900 milliards de yens (64 milliards d’euros) pour les indemnisations, près de 4 000 milliards de yens (32,5 milliards d’euros) pour la décontamination et 1 600 milliards de yens (13 milliards d’euros) pour le centre d’entreposage temporaire des déchets radioactifs. Pour en savoir plus.

 

Cette somme ne comprend pas le coût du stockage des déchets issus du démantèlement de la centrale accidentée ni la création d’un îlot décontaminé dans les zones dites « de retour difficile » dont le seul but est la non disparition des villages concernés.

 

TEPCo a déjà reçu un total de 7 006,9 milliards de yens (57,3 milliards d’euros) d’avance pour les indemnisations. Cet argent est prêté sans intérêt (source).

 

Mais TEPCo n’aurait versé que 6% des indemnités demandées par les 12 communes touchées par les évacuations. Elles ont demandé 43,3 milliards de yens (353 millions d’euros), mais n’auraient reçu que 2,6 milliards de yens (21 millions d’euros). La compagnie aurait donné la priorité aux entreprises et individus. Futaba, par exemple, commune entièrement évacuée, n’a rien reçu, alors qu’elle a demandé 19,3 milliards de yens (157 millions d’euros). Namié, où l’ordre d’évacuer sera partiellement levé le 1er avril prochain, n’a reçu que 460 millions de yens (3,8 millions d’euros), soit 4% de la somme demandée. Kawamata et Tomioka ont reçu respectivement 53 et 45% des sommes demandées (source).

 

Le gouvernement détient toujours 50,1% des parts de TEPCo. Il devait commencer à vendre des parts à partir d’avril 2017, mais il devra maintenir le contrôle qu’il a sur la compagnie pour lui éviter la faillite.

 

Réacteurs nucléaires

• Sur les 54 réacteurs nucléaires en état de marche avant la catastrophe nucléaire, 6 ont été partiellement ou complètement détruits à la centrale de Fukushima daï-ichi. 6 autres, trop vieux, ont été arrêtés définitivement. Il ne reste donc officiellement que 42 réacteurs nucléaires au Japon.

 

Une demande d’autorisation de redémarrage n’a été déposée que pour 26 d’entre eux et elle n’a été accordée que pour 12 réacteurs actuellement. Deux réacteurs de la centrale de Sendaï (Kagoshima) produisent de l’électricité qui alimente le réseau. Un troisième est en marche à la centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé.

 

Digues contre les tsunamis

Les autorités ont prévu de construire 405 km de digues de protection contre les tsunamis le long du littoral des trois provinces les plus touchées, à savoir Iwaté, Miyagi et Fukushima. Au 1er janvier 2017,

 

  • 88 km ou 22% sont terminés ;
  • 263 km (65%) sont encore en travaux et
  • pour les derniers 54 km (13%) les travaux n’ont pas encore été engagés.

 

Il y a diverses raisons aux retards : l’opposition des riverains qui ont perdu la vue sur la mer, le manque de matériaux de construction et de main d’œuvre et, bien-sûr, la radioactivité à Fukushima.

 

Divers

La côte du Pacifique s’était déplacée de plus de 5 m vers l’Est lors du séisme du 11 mars 2011, et enfoncée de plus d’un mètre. Depuis, elle serait remontée de plus de 40 cm au niveau de la péninsule d’Oshika, dans la province de Miyagi. La remontée serait de 30 cm à Ishinomaki, 24 cm à Kesennuma, toutes les deux à Miyagi, 17 cm à Kamaïshi, dans la province d’Iwaté Prefecture et 14 cm à Shinchi, dans celle de Fukushima. En conséquence, là où la construction des digues de protection contre les tsunamis ne sont pas terminées, leur hauteur sera rognée… Est-on sûr que cela ne va pas se renfoncer ? Sur la côte de la mer du Japon, le littoral s’est enfoncé depuis le séisme du 11 mars de 2011, jusqu’à presque 30 cm à Yuzawa, dans la province d’Akita.

 

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