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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 11:05

L’absorption du géant agro-chimique américain Monsanto s'est révélée être une telle erreur d'appréciation que le conglomérat chimique allemand Bayer est désormais sur le point de devoir se disloquer. 

 

 

LES MALHEURS DE BAYER-MONSANTO

 

 

Un rapport de l’ONU paru ces derniers jours alerte sur la disparition en cours d’un million d’espèces animales à cause des modifications climatiques mais aussi des attaques contre la biodiversité.


Quoi de moins étonnant si l'on rapproche cette inquiétante nouvelle du fait que Monsanto, filiale du conglomérat agro-chimique allemand Bayer, vient d'être condamnée pour la énième fois afin de dédommager un agriculteur américain empoisonné par le Roundup, nom commercial d'un herbicide qu'elle commercialise depuis 1975. Ce Roundup est utilisé en épandage et contient la substance active glyphosate, considérée par le Centre international sur la recherche contre le cancer (CIRC) comme étant un produit toxique, irritant et écotoxique, par ailleurs fortement suspecté d'être cancérogène.


La pression populaire mondiale contre la poursuite de l'utilisation du glyphosate ainsi que les fortes indemnisations (elles se montent à des dizaines de millions de dollars par victime) qu'accorde la Justice des États-Unis aux personnes contaminées par l'utilisation de ce produit entraîne le groupe Bayer-Monsanto dans une chute boursière sans précédent. Ainsi, la valeur de l'action Bayer est passée de 51 milliards d’euros à 37 milliards d’euros en à peine quelques mois, soit une valeur inférieure aux 56 milliards d’euros qu’a déboursé Bayer pour acheter le géant américain Monsanto qui est par ailleurs également empêtré dans la contestation grandissante de ses semences OGM.

 

La notion de « profits avant tout » - tant prisée par nos fanatisés de néo-libéralisme - nous démontre une fois de plus combien ce système économique dominant est tout à la fois antihumaniste, antiécologique et donc finalement foncièrement auto suicidaire.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 20:20
Edouard Philippe, premier ministre, lors de son intervention du lundi 8 avril 2019. Capture d'écran : Public Sénat

Edouard Philippe, premier ministre, lors de son intervention du lundi 8 avril 2019. Capture d'écran : Public Sénat

 

 

Le premier ministre, Édouard Philippe, s'est empressé de faire ce lundi 8 avril 2019 l’exégèse des premiers résultats savamment distillés des contributions citoyennes apportées au " grand débat national " que l'exécutif a enclenché suite au soulèvement des gilets jaunes.

 

Certaines des répliques critiques soulevées par cette intervention étatique ne se sont pas dénuées de pertinence, ainsi que le prouve l'intervention ci-après faite par le coordinateur local du cercle des Amis du Monde diplomatique (AMD) de Tours, Philippe Arnaud.

 

Notre blog se fait un honneur et devoir de relayer l'analyse de ce dernier.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

Chers tous,

 

Aujourd'hui, au journal télévisé de 13 h de France 2, le deuxième sujet présenté était la restitution du "grand débat" et ce qui ressortait de ce "débat" était que les Français estimaient quasi unanimement qu'il y avait trop d'impôts. Pour les baisser, les solutions étaient nombreuses et parfois contradictoires, mais ce qui revenait le plus, c'est qu'il fallait baisser les dépenses de l’État et plus particulièrement les dépenses liées à la Défense et aux aides au logement", détaillait le journaliste Jean-Baptiste Marteau, depuis le Grand Palais à Paris.

 

Et le journal poursuivait ainsi :

 

Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) et l'ISF, revendications-phares des "gilets jaunes", sont très minoritaires dans les contributions, selon les garants du grand débat. "Notre pays a atteint aujourd'hui une sorte de tolérance fiscale zéro [...] les débats nous indiquent clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts", a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe.

 

Remarque liminaire. L'ensemble de la présentation de ce sujet, d'un bout à l'autre, empeste l'idéologie de droite, la manipulation et la mauvaise foi, comme je vais le détailler ci-après.

 

Remarque 1. Tout est fait, dans ce reportage, pour présenter l'impôt comme le voient la droite et le patronat, à savoir une sorte d'indemnité de guerre, versée à un État ennemi vainqueur, dont les habitants s'appelleraient fonctionnaires (comme la France qui, après 1871, dut verser à l'Allemagne victorieuse une somme de 5 milliards de francs-or). Cependant, ce n'est pas du tout ainsi que fut pensé l'impôt lors de la Révolution de 1789 - qui éclata, il faut le rappeler, parce que les classes privilégiées, les plus riches, refusaient de participer au financement des affaires communes.

 

Remarque 2. Le budget de l’État, contrairement à ce que prétendent les idéologues ultralibéraux, n'est pas assimilable au budget des ménages, où l'on détermine les dépenses en fonction des recettes. Pour l'entité politique qu'est l’État, c'est l'inverse : l’État estime d'abord ses dépenses (donc ce qui relève de ses prérogatives) et y ajuste ensuite ses recettes (que sont les impôts). Au départ, sous l'Ancien Régime, l'impôt servait essentiellement à financer l'armée du roi. Puis, au XIXe siècle, et surtout au XXe siècle, l'impôt s'est ensuite élargi au financement de l'école, puis des infrastructures et au soutien de  la politique économique, et enfin, au XXe siècle, à la redistribution sociale vers les classes moyennes et défavorisées, qui représente le plus gros des dépenses.

 

Remarque 3. C'est à cette aune qu'il faut comprendre les criailleries des riches et du Medef contre l'impôt. Car ce n'est pas, au premier chef, le fait du prélèvement lui-même qui horripile les riches et les entreprises, c'est la destination, c'est l'usage de cet impôt. Car M. Dassault n'est pas gêné lorsque le ministre de la Défense lui achète ses avions en or massif. Car M. Bernard Arnault, n'est pas gêné lorsque, sur les 790 millions d'euros qu'il a payé son musée (La Fondation Vuitton) il a pu en déduire 518 millions de ses impôts. [Ce qui signifie que cette Fondation ultra-luxueuse a été payée, entre autres, par des pauvres vivant dans des banlieues pauvres ou des départements pauvres comme la Creuse, et qui n'y mettront sans doute jamais les pieds]. Cet usage de l'impôt, les riches n'y sont pas opposés. Ce qu'ils expriment, dans leurs diatribes (et ce qu'expriment les Dominique Seux et autres François Lenglet), ce sont des pensées autrement sordides : "Je ne veux pas payer pour soigner les pauvres. Je ne veux pas payer pour envoyer les enfants d'ouvriers à l'université. Je ne veux pas payer pour que les ouvriers ne consacrent pas toute leur paye au loyer...".

 

Remarque 4. Lorsque Édouard Philippe dit que les Français ont une tolérance fiscale zéro, il instrumentalise malhonnêtement la révolte des "Gilets jaunes", et, ce faisant, il est malhonnête de deux façons. D'abord parce que les "Gilets jaunes" n'ont contesté ni le principe de l'impôt ni son poids global sur le P.I.B. (Produit Intérieur Brut). Ils en ont contesté la répartition injuste, qui, du fait des cadeaux accordés aux riches par la suppression de l'ISF et aux entreprises par le CICE, a obligé à compenser le déficit du budget en alourdissant la taxe sur les produits pétroliers qui, comme tous les impôts indirects, pèse d'abord sur ceux qui ne pouvaient camoufler leur argent à l'étranger, sur ceux qui n'étaient pas mobiles, c'est-à-dire sur les classes moyennes et populaires. [Impôts indirects qui, on le rappelle, sont ceux qui rapportent le plus au budget général].

 

Remarque 5. L'autre malhonnêteté d’Édouard Philippe consiste à présenter la baisse des impôts sans en présenter l'inéluctable contrepartie : la diminution drastique des services publics et des transferts sociaux au bénéfice des plus défavorisés. Édouard Philippe omet de dire : vous aurez moins d'écoles dans les campagnes, moins d'hôpitaux, moins d'aides au logement, moins d'entretien des routes, des ponts et des canalisations d'eau potable. Vous aurez moins de remboursements de soins, moins de retraites. Vous aurez moins de subventions pour les collectivités locales, etc. Tout se passe comme si cette fronde anti-fiscale venait à point nommé pour justifier des coupes à la tronçonneuse dans les effectifs des fonctionnaires. D'ailleurs, dans la suite du journal télévisé, un des Gilets jaunes n'a pas été dupe. Il a déclaré : nous ne voulons pas moins de services publics, nous voulons plus de justice fiscale.

 

Remarque 6. La synthèse des remontées du "Grand débat" ferait apparaître que la demande du rétablissement de l'ISF serait fort peu fréquente. Cette estimation arrive tellement à point nommé, elle coïncide si bien avec l'idéologie du gouvernement, avec les intérêts des classes sociales qu'il représente qu'il vient des soupçons sur son authenticité. En effet, que peut rêver de mieux Emmanuel Macron ? Les Français, "largement" consultés à travers le Grand débat, se sont prononcés presque unanimement contre le rétablissement de l'ISF : quoi de plus démocratique ?

 

Remarque 7. L'autre malhonnêteté du gouvernement a été de glisser subrepticement des revendications des "Gilets jaunes" aux souhaits formulés dans le "Grand débat" et de laisser croire que les deux coïncideraient ! Comme si les deux publics étaient les mêmes ! Alors qu'on sait fort bien qu'une large partie de ceux qui ont participé à ce fameux "Grand débat" étaient justement des électeurs d'Emmanuel Macron et de LREM (et justement pas les "Gilets jaunes"). On a l'impression d'avoir face à soi un joueur de bonneteau qui, parmi plusieurs gobelets, en met un sur un dé, les manipule tous... et escamote le dé à l'endroit où on avait cru le voir disparaître !

 

Remarque 8. Il s'agit d'une remarque de vocabulaire. Édouard Philippe a dit que les Français avaient une "tolérance fiscale zéro". Cette expression de "tolérance zéro" n'est pas anodine : elle appartient au registre idéologique de la droite lorsqu'elle enfourche un de ses chevaux de bataille préférés : celui de l'insécurité, celui des "incivilités". A l'école envers les enseignants, dans l'entreprise à l'égard des cadres ou des patrons, en prison contre les "matons", etc. En parlant de "tolérance fiscale zéro", le Premier ministre ravale la perception de l'impôt, ses clés de répartition et jusqu'à son principe, au même rang que la délinquance. L'impôt, dans sa bouche, au travers de cette expression indue, est devenu illicite, voire illégitime...

 

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

 

Bien à vous

 

Philippe Arnaud, coordinateur des Amis du Monde diplomatique (AMD) - Tours

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 11:07

                                                                   L'Europe en voie de désintégration

 

Projet de Traité pour une démocratisation européenne

 

 

       LE SALUT DE L'EUROPE PASSERA PAR LA         DÉMOCRATISATION DE SES INSTITUTIONS

 

 

Rien ne va plus au sein des institutions européennes qui ne sont plus aux yeux d'une large majorité de citoyens des 28 États qui composent encore l'Union que l'émergence symptomatique d'un monde mené par des gestionnaires dont le rôle a très largement dévié de la gouvernance des intérêts du plus grand nombre pour ne plus se cantonner que dans celui de commissionnaires du capitalisme financier. 

 

On constate avec effarement que les organes décisionnels essentiels de l'UE, tels la Commission, l'Eurogroupe (réunions mensuelles et informelles des ministres des Finances des États de la zone euro susceptibles de coordonner les politiques économiques des pays membres) ou encore la Banque centrale européenne (BCE), échappent au contrôle du Parlement européen dont le rôle d'assemblée représentative devrait être à même de pouvoir influer dans le domaine social, budgétaire et économique de notre continent.

 

Ainsi, du fait de l'absence de possibilités légales d'intervention du Parlement européen sur le fonctionnement des organes supranationaux précités, nombreux sont ceux qui émettent d'acerbes critiques sur la façon peu démocratique dont est bâtie l'actuelle UE. C'est pour cette raison que divers projets de révision radicale des institutions de l'Union ont, depuis des décennies, été évoqués afin de parvenir à préserver les institutions européennes de la trop grande influence qu'exercent en leur sein les sphères économique et de la finance. Cette revendication tend à rechercher une démocratisation du fonctionnement institutionnel de l'UE et donc permettre de parvenir à une forte réduction des 'inégalités fiscales et distorsions de concurrence qui font qu'actuellement peu de multinationales qui prospèrent au sein de l'Union sont contraintes de s'acquitter du payement de l'impôt.

 

Le mouvement enclenché par les gilets jaunes est le puissant révélateur de ces inégalités sociales et fiscales et, si rien n'est entrepris pour combattre ces injustices criantes, nous pourrions alors être confrontés à l'inexorable montée de l'extrême droite partout en Europe et donc conséquemment assister à une dislocation des institutions de l'Union, ce qui mettrait un terme à la laborieuse tentative menée depuis la fin du Second conflit mondial de parvenir à transformer notre continent en une communauté de destins censée pouvoir éviter la résurgence des nationalismes en Europe.  

 

Certains appréhendent l'imminence de ce danger alors que nous nous trouvons à la veille des prochaines élections européennes et souhaitent parvenir à l'instauration d'un débat démocratique, franc et serein, sur la question de savoir si il ne faut pas prendre une fois pour toutes en compte le mécontentement ou la révolte de ceux qui aspirent légitimement à vivre dans un monde plus égalitaire. C'est dans la perspective d'une telle avancée qu'un manifeste flanqué d'un projet de Traité de démocratisation de l'Union en une institution au fonctionnement véritablement représentatif vient d'être lancé à l’initiative d'un cercle de citoyen-ne-s européens (1) motivés par la nécessité de parvenir à rendre l'UE plus solidaire et égalitaire.

 

L'audacieux projet ci-après présenté a nullement la prétention d'avoir vocation à être une formulation définitive d'idées pouvant mener à un renouveau démocratique de l'Union, mais pourrait toutefois servir de base de concertation pour tenter de donner une impulsion à de nouveaux fondements d'une Europe sociale et unifiée. Il s'adresse à toutes et à tous en ces temps où les perspectives d'une sortie de crise politique dans notre propre pays n'ont jamais été aussi moroses.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1) parmi les initiateurs de cette proposition de Traité pour un gouvernement économique et social de l'UE se trouvent de nombreux sociologues et économes qui critiquent les actuels fondements de l'Union et ne parviennent pas à s'identifier avec ces derniers.

 

 

                                                   Découvrir et soutenir le Manifeste :

                                                              http://tdem.eu/

 

        Projet de Traité de démocratisation d'un gouvernement économique et social de l'UE : 

                                                        http://tdem.eu/le-traite/

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 12:28

Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire et ancienne lobbyiste chez Danone,  vantant lors d'une rencontre économique les mérites de l'huile de palme. Voir la vidéo :  https://www.youtube.com/watch?v=hid787LT8Ao

                

 

                      UNE "INDÉPENDANCE" DE FAÇADE      

 

 

Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, deux profils fort controversés pour chapeauter le "grand débat national" voulu par le président Macron, puisqu'ils sont actuellement ministres du gouvernement Philippe II et anciens experts en communication, ce qui ne les prédispose pas pour apporter un gage d'impartialité dans leurs rôles de superviseurs de cette initiative présidentielle censée apaiser la révolte des gilet jaunes et plus généralement le mécontentement de nos citoyens face à l'existence des inégalités sociales et de l'injustice fiscale, contrôlent depuis ce mardi 15 janvier 2019 le déroulement de ce sondage qui s'étalera sur deux mois.

 

Le choix de ces deux personnages semble être d'autant plus inopportun que ces derniers se sont dans un passé récent maladroitement distingués en tenant des propos vantant les vertus diététiques de l'huile de palme (Emmanuelle Wargon) ou encore en s'attachant à mener "la chasse aux fraudeurs du RSA" (Sébastien Lecornu), comme le rapporte le site d'actualités en ligne Mediapart.

 

Qu'attendre dans pareil contexte de ce débat, même si dans une démocratie il est toujours préférable de parvenir à dialoguer plutôt que d'échanger des coups ? Seul l'avenir nous le dira !

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 11:49
INCOMPRÉHENSION AUTOUR DE LA DENSIFICATION DE L'HABITAT À CANETA ... voir notre rubrique " URBANISME ".
Manifestation de gilets jaunes lors de l'acte V du 21 décembre 2018.   Photo : Quotidien L'Humanité

Manifestation de gilets jaunes lors de l'acte V du 21 décembre 2018. Photo : Quotidien L'Humanité

 

  LES CAHIERS DE LA COLÈRE ET DE L'ESPOIR

 

 

Nous relayons ici-même l'appel lancé par le quotidien L'Humanité qui donne la parole aux " sans voix " de ce pays afin de leur permettre d'exprimer leur désir de changement dans la façon dont nous sommes gouvernés. Ce catalogue de revendications sera regroupé par thèmes, puis transmis à ceux qui sont en charge des domaines concernés dans l'ensemble des rouages de notre société civile.

 

Le mécontentement de la population s'avère en effet être grandissant face aux inégalités sociales, fiscales, salariales, scolaires mais aussi médicales que constatent nos concitoyens, et vont de pair avec la privatisation généralisée de nos services publics. De nombreux exemples illustrent que tout est volontairement fait pour tarir les moyens étatiques d'intervention en abandonnant au secteur privé toute activité susceptible de pouvoir alimenter le budget de fonctionnement d'une république qui se devrait d'être sociale. Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple, a-t-on assisté à la privatisation de l'exploitation des autoroutes au profit de multinationales qui prospèrent aux dépends des automobilistes et du bien public.

 

SI vous ressentez le besoin de vous exprimer et clamer votre désapprobation sur un ou plusieurs sujets qui vous tiennent à cœur et sur lesquels vous souhaitez voir changer les choses, déposez, sans attendre, votre contribution en la formulant directement sous le lien ci-après.    

 

 La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT           

 

 

                                                                                                                                                                                                                   humanite.fr/cahiers                                

 

  Un exemple parmi les multiples incohérences qui ne font qu'appauvrir nos caisses publiques :

 

 
Vinci, la rapacité sans vergogne
 

 

Le groupe Vinci, a osé réclamer aux automobilistes qui ont franchi gratuitement les péages lors de leur occupation par les gilets jaunes, la somme dont ils auraient dû s’acquitter.

Voici une entreprise multinationale qui dégage des milliards de profit et qui cherche à gagner de l'argent sur le dos d’un mouvement social. Ceci prouve une chose : le mouvement des gilets jaunes a fait plus peur au gouvernement qu’aux grandes entreprises qui se sentent les coudées franches pour étaler sans vergogne leur rapacité.

La décision prise par un gouvernement de droite en 2005 d’offrir sur un plateau d’argent aux multinationales du BTP le réseau autoroutier payé par des générations de contribuables est un véritable scandale ! Un vol d’argent public avec la complicité de l’État qui représente des dizaines de milliards en moins pour le trésor public. L’actuel gouvernement comme le précédent ont encore aggravé la note en accordant de nouvelles faveurs inespérées aux concessionnaires.

En 10 ans, les profits issus des péages ont ainsi augmenté de près de 20%. Les tarifs ont augmenté dans la même proportion sur la même décennie, de loin supérieurs de l’évolution du coût de la vie. Les concessionnaires ont immédiatement liquidé des centaines d’emplois pour dégager de nouvelles marges de profits et leurs actionnaires empochent 1,5 milliard € de dividendes par an. Un des meilleurs placements qui soient pour les capitalistes ! Leurs bénéfices nets représentent presqu’un quart de leur chiffre d’affaire.

Ces revenus permettraient à l’Etat de financer l’entretien du réseau autoroutier, mais aussi des éléments de la transition environnementale, notamment par l’entretien et le développement du réseau ferré. L’Etat a préféré s’amputer de ressources gigantesques pour satisfaire les appétits des géants du BTP Vinci ou Eiffage, et se défausse sur leurs filiales pour financer l’entretien et le développement des infrastructures autoroutières.

Il est temps de renationaliser le réseau autoroutier. Les concessionnaires sont dans une situation de quasi-monopole qui légitime le retour dans le giron public des autoroutes. Cela couterait certes cher dans l’actuel cadre juridique de protection aveugle et indéterminée de la propriété privée, quand elle est d’une cupidité sans limite.

Mais, non, ce n’est pas au citoyens de payer deux fois : une fois pour le vol de leur bien public, une autre pour leur réintégration dans le bien commun. La morgue avec laquelle Vinci a agi et les profits colossaux qu’elle dégage en exploitant le besoin de mobilité des français, devrait pousser à vrai débat national sur sa nationalisation sans indemnité.

Cet exemple devrait enfin alerter sur les privatisations en cours d’Aéroport de Paris et de la Française des jeux, des propriétés publiques largement bénéficiaires qui rapportent beaucoup d’argent au trésor, et dont la vente sera prétexte à de nouveaux sacrifices dans les budgets publics et sociaux. Voici un sujet qui pourrait être discuté autour des tablées de fin d’année.
 
Source : L'Humanité

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 14:20

L'ancien dispensaire communal ainsi que l'école maternelle confessionnelle Sainte-Germaine (en arrière plan) devraient faire place à la construction de 3 bâtiments comprenant 25 logements (dont 9 destinés à des bailleurs sociaux). Cette construction fait dans le quartier de Caneta polémique du fait qu'un affouillement destiné à l'édification d'un parking souterrain de 33 places, réparties sur 2 niveaux, devra être réalisé, exposant ainsi les immeubles avoisinants qui n'ont pas de fondations à être déstabilisés lors du creusement de cette excavation qui devrait avoir une profondeur de 6 mètres. (Photo : Sirius)

 

    

 

Le quartier historique de Caneta est un lieu géologique bien particulier de notre ville puisqu'il se situe au point de convergence d'une zone alluvionnaire due à la proximité immédiate de la baie fluviale de Txingudi et d'une zone rocheuse sédimentaire composée d'une alternance de grès et de marnes répartis en strates, dénommée "flysch d'Hayzabia", qui prend naissance dans l'anse marine éponyme située en contrebas de la route de la Corniche reliant Hendaye à Socoa.

 

Ces formations de flyschs ont la particularité d'être instables du fait que la superposition de ces strates est susceptible de former des plans de glissements de terrain d'ampleur variable. Cette aptitude à la déstabilisation étant par ailleurs accentuée par les déstructurations et failles qui se sont produites suite au resserrement de l'écorce terrestre qui a eu lieu lors la collision des plaques ibériques et européenne il y a env. 40 millions d'années.

Les formations géologiques du littoral basque sont en de nombreux endroits composées de flyschs (stratifications sédimentaires composées majoritairement de grès et de marnes) qui sont relativement friables et ont la particularité d'être instables. Le quartier historique de Caneta, à Hendaye, est situé à la jonction d'une zone de Flysch d'âge campanien inférieur (datation env. 65 Ma) et d'une zone alluvionnaire due à la proximité immédiate de la baie fluviale de Txingudi.

 

L'instabilité potentielle du sous-sol de Caneta a incité l'association Kanatakoak, cercle citoyen d'une soixantaine de membres attachés à la défense de l'environnement et l'amélioration du cadre de vie de leur quartier, à adresser un recours gracieux au maire afin d'attirer, entre autres, l'attention de ce dernier sur la situation géologique particulière de ce lieu historique d'Hendaye et le convier à reconsidérer l'arrêté de permis de construire délivré au bénéfice du promoteur BHL (Carmen immobilier).

 

Cette requête n'a pas reçu de réponse favorable de la part de la mairie alors que, selon des documents présentés par l'association, il apparaît qu'une succession d'éboulements et affaissements de terrain se sont produits en plusieurs lieux et à plusieurs reprises sur ce quartier de Caneta au cours des derniers siècles, ce qui, selon Kanetakoak, ne peut qu'éveiller des appréhensions quant aux risques de déstabilisation qu'une excavation d'une profondeur de 6 mètres nécessaire à la réalisation des deux niveaux de parkings souterrains de ce projet pourrait faire encourir aux bâtiments voisins du futur chantier.

 

LE SOUVENIR DES DÉSORDRES LIÉS AU CHANTIER "ENTREPUENTES" ...

 

Les membres de l'association évoquent que des "désordres" dans les assises ainsi que les structures des bâtiments voisins du chantier pourraient se produire lors de l'excavation que nécessite la création de ces 33 emplacements de parkings. Cette réticence des riverains à se montrer d’emblée favorables à ce projet n'est pas sans rappeler le scepticisme qui s'était fait jour autour du chantier "Entrepuentes" en 2006 et 2007, lorsque des excavations avaient été pratiquées dans les talus de la voie ferrée afin de créer de l'espace susceptible de pouvoir accueillir les parkings souterrains de cet autre complexe immobilier. 

 

Les dégradations subies par les riverains du chantier "Entrepuentes" se produisirent dans une totale indifférence du promoteur et d'une manifeste impuissance d'intervention de l'autorité municipale qui était pourtant à l'origine de la délivrance du permis de construire. 

Chantier "Entrepuentes" 30.08.2006 : La phase d'excavation des talus de la voie ferrée mena à des fissures murales et affaissements de planchers dans plusieurs  immeubles voisins. (Photo : Sirius)

 

DES RIVERAINS LIVRÉS À EUX-MÊMES

 

Les quelques soixante victimes de dommages matériels collatéraux de cette frénésie immobilière spéculative (1) ne trouvèrent pas le moindre interlocuteur susceptible de pouvoir concrètement les aider. Ceci les contraignirent à saisir le Tribunal de Grande Instance de Bayonne qui confia à un expert agréé la mission de déterminer si la présence de ces affaissements de planchers et fissures murales avait été engendrée par les travaux d’excavation entrepris sur ce chantier.

 

Le désarroi des malheureux riverains ne parvint toutefois pas à s’apaiser malgré l'enclenchement de cette procédure, puisque aucun d’eux n’avait pris la précaution de faire établir un état des lieux des habitations endommagées avant que les travaux ne débutent. Cette négligence leur sera fatale, puisqu'elle ouvrira la porte à la contestation de la cause des dégradations par le promoteur et facilitera un retranchement tactique des représentants de la mairie derrière cette absence de preuves formelles, ce qui mènera les plaignants à devoir se contenter d'indemnisations minimes..

Une soixantaine d'habitats de riverains du chantier furent lézardés de fissures murales et subirent des affaissements de planchers qui incitèrent l’expert mandaté par le Tribunal de Grande Instance de Bayonne à faire poser des scellés censés déterminer une aggravation de la déstabilisation des immeubles. (Photo : Sirius)

 

L'ATTENTE D’UNE ÉTUDE APPROFONDIE SUR LA STABILITÉ DU SOL

 

Le chantier "Entrepuentes" restera dans les annales de la densification de l'habitat sur Hendaye comme ayant été une opération immobilière qui ne fut cousue que de déboires et où, tant de la part des promoteurs qui se succédèrent que de l'autorité municipale alors en place, personne ne se sera foncièrement soucié du respect des droits élémentaires des riverains qui ne demandaient qu'à être correctement dédommagés .

 

Dans un nouveau courrier en date du 20.11.2018 adressé au maire, l'association Kanatakoak prie cette fois ce dernier de bien vouloir se référer au principe de précaution afin qu'aucune excavation soit entreprise sur le quartier de Caneta sans qu'une étude approfondie des caractéristiques géomécaniques du sol ait préalablement été menée.

 

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1) Les données statistiques et explications ci-après permettent de mieux comprendre les dessous du projet ici évoqué  :

 

Selon les dernières statistiques établies par l'INSEE, Hendaye enregistre une progression démographique annuelle moyenne de 3,1%, ce qui situe cette ville au tout premier rang des localités du littoral basque où la population explose. Ainsi, depuis 1968, la densité moyenne d'habitants sur Hendaye a plus que doublé pour passer de 1 007 à plus de 2 053 personnes au km², soit désormais une population de près de 17 000 habitants contre jadis tout juste 8 000.

 

Alors que les résidences secondaires et logements occasionnels représentent 40,7 % du parc immobilier d'Hendaye, l'habitat confié à des bailleurs sociaux comptabilise 1 058 logements sur un total de 13 993 unités, dont 667 sont vacantes. Cela donne un quota de 13,23 % de logements destinés aux familles financièrement les moins favorisées. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-64260#chiffre-cle-12

 

On devine donc sans peine que les spéculations foncière et immobilière ne peuvent que continuer d'aller bon train sur ce territoire soumis à de telles pressions. Ainsi, le terrain de 1 471 m² sur lequel le présent projet devrait être édifié (1 200 m² appartenaient au diocèse de Bayonne, le reste à la mairie d'Hendaye qui bénéficiera donc, à titre compensatoire, d'une salle communale polyvalente au sein du futur ensemble) revient au promoteur BHL (Carmen immobilier) qui a fait acquisition du tout pour la somme de 1,3 millions d'euros.

 

Chacun sait par ailleurs que l'école maternelle confessionnelle de la rue Pierre Loti dépend du groupe scolaire Saint-Vincent, lui-même géré par une association catholique étroitement liée au diocèse de Bayonne, et que depuis la Loi Debré de 1959 les écoles privées à caractère associatif peuvent prétendre à un soutien financier de la puissance publique, non seulement pour régler leurs dépenses de fonctionnement, mais aussi, dans certains cas, les investissements immobiliers que leur existence nécessitent.

 

La hiérarchie ecclésiastique tire pleinement parti de cette loi et gère les établissements se trouvant sous sa tutelle à la façon dont on dirige des entreprises. Pour parvenir à cela, elle a fait édicter une charte dénommée " Préconisations pour une politique immobilière de l'Enseignement Catholique " qui a été approuvée à l'unanimité du Comité National de l'Enseignement Catholique (CNEC) le 3 juillet 2012. Ce texte d'envergure est une sorte de doctrine de gestion économique qui implique de dissocier la gestion courante des établissements d'enseignement de leur propriété foncière, ce qui permet à l'Enseignement catholique de pouvoir prétendre conserver ces biens fonciers même dans le cas d'une rupture de la convention passée avec l’État.

 

C'est à ce titre qu'une réflexion a été engagée dans l'ensemble des diocèses sur la nécessité de valoriser le patrimoine immobilier que représentent ces milliers d'écoles en cédant celles qui sont mal utilisées ou trop vétustes, de façon à réinvestir le fruit de leur vente dans des unités à créer ou à restaurer. 

 

 

 

 

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 10:10

Soucieux de ne pas manquer une seule occasion de faire fructifier sa fortune personnelle, Bernard ARNAULT, PDG du groupe LVMH et 4ème patrimoine mondial avec 72 milliards USD, ouvre désormais sa marque de luxe "Louis Vuitton" à la mode très en vogue des gilets jaunes. (Photomontage publié sous Twitter)

 

Rien ne peut justifier les violences et parfois même la xénophobie dont sont assorties certaines manifestations de gilets jaunes. Il est par contre devenu urgent de considérer que les causes de l'exaspération, entremêlée de désespoir, qui amène les gilets jaunes à occuper de nombreux ronds-points et autres lieux de l'espace public ne sont pas sans fondements. En effet, près de 18 % de nos concitoyens ne parviennent plus à régler leurs dépenses quotidiennes incompressibles sans être contraints de soupeser le bien fondé de tout achat qui n’est pas d’une absolue nécessité, alors qu'à l'autre bout de l'échelle sociale les 10 % les plus fortunés détiennent près de la moitié du patrimoine national. (source : INSEE)

 

Ceux qui s’imaginent que la plupart de ces manifestants ne sont que des protestataires hautement politisés ou encore de prétentieux rêveurs qui ambitionnent d’égaler les nantis dans leurs excès consuméristes feraient bien d’aller faire un tour dans l'une des antennes du Secours populaire pour se rendre compte à quel point le libéralisme et ses préceptes individualistes sont destructeurs d’humanité.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

                    Vous qui le pouvez, faites un don au SPF : https://www.secourspopulaire.fr/

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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 16:30

 

                                                  Cartoon : Patrick Chappatte / International Herald Tribune

 

 

Alors qu'au sommet de notre appareil d’État siègent actuellement un ancien membre du directoire de la banque Rothschild, flanqué d'un premier ministre qui fut il y a encore peu lobbyiste en chef du groupe nucléaire Areva, de nombreux concitoyens s'inquiètent de constater que le pouvoir des groupes de pression que sont le monde de la finance et celui du nucléaire, prend une ampleur sans précédent au point de remettre en cause le principe de fonctionnement démocratique de notre pays.

 

Ces appréhensions sont d'autant plus à prendre au sérieux que chacun sait qu'en arrière plan du nucléaire civil se cache le spectre de l'arme atomique, maudite technologie dont l'éminent Albert Einstein, invité à prendre la parole lors de la première émission télévisée hebdomadaire américaine présentée par Mme Eleanor Roosevelt (veuve du président américain éponyme) évoquait les dangers en lâchant une phrase restée célèbre : « Derrière des murailles de mystères, on perfectionne avec une hâte fébrile les moyens de destruction collective. »

 

L'étroite imbrication entre nos pouvoirs publics et les lobbies de la finance et du nucléaire, deux des piliers du capitalisme français, offre de bonnes raisons d'être interrogatif sur la façon dont les règles élémentaires d'une gouvernance démocratique sont bafouées, les initiatives et critiques issues de la société civile sont étouffées, dès lors que l'on cherche à jeter un regard critique sur la sphère du nucléaire ou de la finance.

 

Une longue note de décryptage, conjointement publiée par l'Observatoire des multinationales et l'association Attac France, analyse d'une façon édifiante ces deux lobbies particuliers qui exercent un pouvoir grandissant sur nos institutions politiques et déstabilisent peu à peu nos fondements républicains.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

                                                Lire la note dans son intégralité :

 

                        https://multinationales.org/IMG/pdf/note_nucleaire-finance-print.pdf

 

 

Voir également le documentaire intitulé "Nucléaire, l'impasse française" que la chaîne France 5 a diffusé le 30 mai 2018 à 20H50 :

 

   https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/509539-nucleaire-l-impasse-francaise.html

 

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 11:45

                                                Le président Macron & le chancelier Schröder caricaturés

 

                                    

 LES ÉMULES DE LA BARONNE THATCHER

 

 

Le quotidien "Le Monde" dévoilait dans son édition du 18 mai 2018 une note interne issue de la Direction du budget du Ministère de l'économie et des finances selon laquelle une remise en cause partielle des aides sociales qui représentent globalement 26% du budget de l’État pourrait faire épargner des milliards aux gestionnaires de nos finances publiques.

 

Les aides évoquées dans cette note seraient l'allocation adultes handicapés (AAH), l'allocation pour l'autonomie (APA) ainsi que les aides personnalisées au logement (APL), qui pourraient ne plus être à l'avenir attribuées que selon des critères stricts qui tiendraient largement compte du moindre patrimoine détenu par les allocataires concernés. A ces remises en cause sociales pourrait également être ajoutée une généralisation du recours aux contractuels dans la fonction publique, ce qui permettrait d'épargner d'autres milliards supplémentaires. Le projet de démantèlement social et de dérégulation salariale que notre président et ses amis argentés cherchent à instaurer pour redresser nos finances publiques n'est an fait rien d'autre qu'une copie de ce que le chancelier allemand Schröder était jadis parvenu à imposer à son pays à partir de 2002,

 

 

UN CHOIX QUI FIT LE LIT DE L’EXTRÊME DROITE ALLEMANDE

 

Manifestement moins imaginatif sur la reconversion économique de notre pays que lorsqu'il s'est agi de faire fructifier les fortunes des barons du capitalisme financier du temps où il siégeait au sein du directoire de la banque Rothschild, le président Macron se contente, depuis son arrivée au pouvoir en mai 2017, de banalement plagier les mesures anti-sociales initiées par Schröder. On retiendra que ces mesures finirent par décourager la population salariée ainsi que les retraités allemands de voter social-démocrate, au point que s'estimant trahis par ce parti et ses chefs, ces derniers allèrent grossir les rangs du mouvement " Alternative für Deutschland " (AfD), un rassemblement xénophobe, proche des vues de l'extrême droite, et qui est entre-temps devenu la troisième force politique allemande en terme de représentation parlementaire. 

 

On mesure à l'aune de ce qui s'est passé outre-Rhin à quel point il est périlleux, tant au niveau de la préservation de nos fondements démocratiques que de celui de la paix sociale, de mener une politique autoritaire, contraire aux intérêts fondamentaux des salariés et retraités, et ce dans le seul but de privilégier l'actionnariat entrepreneurial. Ce n'est pas en rognant continuellement les droits sociaux et en généralisant les emplois précaires, à l'image de ce que Schröder avait fait en copiant la tristement célèbre Margaret Thatcher, que notre président démontrera qu'il porte un tant soit peu d'estime envers les couches populaires. Il est donc grand temps que les néo-libéraux du capitalisme financier comprennent qu'ils ne peuvent indéfiniment se nourrir de l'accroissement des inégalités et des disparités sociales, sans que cela mène à une radicalisation des esprits. Le " Brexit " est l'illustration patente du chemin vers lequel mène l'accentuation des disparités sociales dans une Union européenne dont l'aveuglement social répond aux seules attentes de la classe possédante..

 

 

LOIS HARTZ : LA PAUVRETÉ INSTITUÉE PAR LOI

 

On retiendra encore du chancelier Schröder qu'il ne fut qu'un apparatchik, n'ayant jamais exercé d'autres fonctions qu'au sein de la sphère politique et qu'il méconnaissait le monde salarial au point d'avoir dû faire appel à un ancien DRH à poigne du constructeur automobile Volkswagen, Peter Hartz, pour parvenir à prendre ces mesures sociales controversées qui allaient bouleverser l'Allemagne et furent adoptées, dès la fin 2002, sous la forme de quatre lois, Hartz I à IV..

 

Avec la promulgation de la dernière de ces lois contestées, la Hartz IV, débuta une rupture profonde du consensus social qui régissait les rapports de force en Allemagne depuis 1945. Il fut dès lors imposé une réduction de 26 à 12 mois de l'assurance chômage qui était en place depuis 1927, puis une fusion de l'allocation chômage de longue durée avec le versement de l'aide sociale, ce qui revint à assimiler, au bout de 12 mois d'inactivité, tout chômeur au statut de récipiendaire de l'aide sociale, alors que ceux-ci continuaient jusqu'alors à percevoir 53% de leur salaire de référence. Ce changement fondamental de statut fut considéré comme étant d'autant moins tolérable que l'aide sociale n'est que d'un montant actuel de 416 euros, ce qui équivaut à un affront dans ce pays où le PIB est de 10% supérieur à celui de la France.

La rue pour seul domicile. Toujours plus d'Allemands ne parviennent plus à couvrir leurs besoins élémentaires et mener une vie dans la dignité. Photo : Reuters © Fabrizio Bensch                                                                

 

PLUS LA PAUVRETÉ AUGMENTE ET PLUS L'ESPÉRANCE DE VIE DIMINUE

 

On dénombrait 15,7 % de pauvres (revenus de moins de 60% du salaire médian) au sein de la population allemande en 2017. Cela correspond à 12,9 millions d'individus. Les travailleurs pauvres sont donc légion puisque le chômage officiel est 3 fois moins élevé qu'en France.  Les familles monoparentales sont particulièrement concernées par cette pauvreté galopante qui dévoile par ailleurs un aspect particulièrement hideux de l'extension des inégalités. En effet, alors que le pays est fort prospère, il n'offre plus qu'une espérance moyenne de vie de 70,1 années chez aux hommes pauvres, alors qu'elle s'établit à 80,9 ans chez les plus fortunés. Il en est de même pour les femmes où elle n'est que de 76,9 contre 85,3 années.

 

Le scandale de la politique sociale menée depuis l'entrée en application de la loi Hartz IV se mesure également au nombre de coupures de courant pratiquées pour non-paiement des factures par les foyers désargentés. Ces coupures furent de 330 000 lors des derniers pointages effectués. Par ailleurs, 6,2 millions de menaces de coupures justifiées par ces mêmes motifs ont été adressées aux contrevenants pauvres selon une réponse apportée par les instances gouvernementales à une question écrite posée par une porte-parole du groupe parlementaire " Die Linke " (La Gauche). A ces mesures s'ajoutent 44 000 cas de coupures de gaz pratiquées pour les mêmes raisons.

Longue file d'attente devant une banque alimentaire associative " La table de Dortmund "  Photo : Reuters

 

UNE ADMINISTRATION TATILLONNE ET D'INCESSANTS CONTRÔLES

 

Comment dans des conditions si draconiennes d'octroi de cette allocation de survie peut-on encore croire en un semblant de justice sociale et d'égalité entre les individus de l'Allemagne d'aujourd'hui ? Le système sociale allemand a été à un tel point démantelé qu'il ne faut désormais ne plus posséder le moindre petit patrimoine acquis au long d'une laborieuse existence salariale pour prétendre avoir recours à aux aides sociales dédiées aux chômeurs de longue durée. À cette attribution conditionnelle viennent s'ajouter les pointilleux et incessants contrôles auxquels les demandeurs d'emplois doivent se soumettre s'ils souhaitent ne pas être subitement radiés des listes d'allocataires.

 

Il n'est par exemple pas opportun de chercher à faire jouer des critères tels que l'ancienne activité exercée ou bien encore la qualification professionnelle acquise pour refuser une offre d'emploi proposée par le Job Center (Pôle emploi), partant du principe qu'après trois refus successifs on est contraint d'accepter toute proposition, même si en fin de compte  aucune des propositions faites ne correspondait en rien à l'activité précédemment exercée ou à la rémunération antérieurement perçue. La notion de distance entre le domicile et le lieu de travail étant par ailleurs devenue un critère de refus quasi-superflu, la coercition s'exerce au point que chacun(e) est désormais familiarisé(e) avec le slogan officiel qui clame que " ce n'est pas parce que l'on a jadis été ingénieur que l'on est aujourd'hui toujours en droit de prétendre ne pouvoir exercer un emploi moins valorisant ou moins rémunéré. "

               Contestation pacifique d'une chômeuse devant les guichets d'un " Job Center " (Pôle emploi)

Son manifeste : "Merde de job pour 1 € de l'heure. Je nettoie une demi-assiette puis j'attends ensuite un peu"

 

NE RIEN CÉDER AUX FAINÉANTS

 

Lors de la campagne de communication qui mena à une réforme radicale du marché du travail allemand fin 2001, le social-démocrate Schröder lança sur un ton tonitruant devant un parterre de notabilités économiques et politiques acquises au démontage social qu'il préparait, " Il n'y a pas de droit à la paresse.", propos que le président Macron transposera lors d'un déplacement officiel à Athènes le 8 septembre 2017 en termes pas plus élogieux de, " Je ne céderai rien aux fainéants ". Il est curieux de constater que 4 mois après son élection notre président semblait avoir déjà oublié qu'il n'avait recueilli que 24,01% des suffrages lors du premier tour de la présidentielle, ce qui lui accordait le droit de tempérer ses propos envers l'électorat populaire qui ne lui accorda ses voix au second tour que parce qu'il eut la sagesse de faire barrage à l'extrême droite.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

Nous suggérons à nos lecteurs de lire sur ce même thème un article publié en janvier 2013 et qui traitait déjà des changements auxquels nous devions nous attendre si les bouleversements sociaux allemands devaient par malheur être repris dans le droit français : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-le-schroder-de-paris-114437917.html

 

 

 

 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 14:30

 

                                  " Maison de résistance à la poubelle nucléaire ", Bure (Meuse)                                            Propriété du Réseau Sortir du nucléaire http://www.sortirdunucleaire.org/

 

 

Le projet d'enfouissement en couches géologiques profondes sous le territoire de la commune de Bure des déchets radioactifs de nos 57 réacteurs nucléaires pose un problème majeur de santé publique, mais est également un défi environnemental que toujours plus de nos concitoyens contestent.

 

Un des nombreux débats organisés sur ce sujet s'est dernièrement tenu au sein de la rédaction du quotidien en ligne MEDIAPART. Il reflète que les opposants à ce projet sont d'un engagement et d'une sincérité qui suscitent le respect, tellement ces "résistants" sont conscients de la monstruosité environnementale qu'un tel projet va engendrer.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

                                                    Voir la vidéo : https://youtu.be/R4gEfJ3H1EQ

 

 

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