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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 14:02
"SORTIR DU NUCLÉAIRE" DÉNONCE LES INTERDICTIONS DE MANIFESTER

 

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’interdiction des manifestations dans le cadre de la COP21

 

Communiqué du 23 novembre 2015

 

Le Réseau “Sortir du nucléaire" s’indigne de l’interdiction des manifestations prévues dans le cadre de la COP21. Il appelle à s’élever à travers tout le pays, afin de dénoncer les manœuvres destinées à imposer le nucléaire comme solution au dérèglement climatique !

 

Tristesse et colère suite aux attentats

 

Le Réseau exprime sa profonde tristesse face aux attentats ignobles qui ont frappé à Paris et à Saint-Denis ce 13 novembre. Alors que 130 personnes sont mortes et plus de 350 ont été blessées, notre soutien va aux familles et aux proches des victimes.

Mais de ces terribles évènements, le pouvoir politique se sert maintenant afin de museler ses opposants lors de la COP21. Nous ne pouvons pas l’accepter !

 

Non à l’interdiction des mobilisations !

 

En réaction à ces événements tragiques, le gouvernement a donc décidé d’interdire les manifestations prévues le 29 novembre et le 12 décembre par les associations et ONG. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement l’interdiction de ces mobilisations sous prétexte de l’état d’urgence. Ces manifestations non violentes devaient rassembler des dizaines de milliers de personnes du monde entier. Comment le gouvernement peut-il prétendre se battre au nom des libertés et exiger des citoyens qu’ils restreignent leur liberté d’expression ?

 

L’interdiction de ces mobilisations – qui gênaient déjà le gouvernement avant les attentats – est en fait motivée par des arguments bien plus politiques que sécuritaires. Comment expliquer sinon l’interdiction de mobilisations citoyennes et le maintien d’événements à caractère commercial comme les marchés de Noël, pourtant extrêmement difficiles à sécuriser ? Alors que se multiplient les injonctions à « continuer de vivre », comment peut-on interdire ainsi la tenue d’une mobilisation d’ampleur et porteuse de sens ? Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les préfets à ne pas céder à cette logique de « deux poids deux mesures » et à autoriser les rassemblements.

 

Plus que jamais, mobilisons-nous face à l’état d’urgence climatique et contre le nucléaire !

 

Dans ce contexte tragique, le message pour le refus des fausses solutions climatiques comme le nucléaire prend plus que jamais toute sa pertinence. Nous ne laisserons pas la COP21 se résumer aux discours officiels. La France prétend protéger le climat et assurer la sécurité des citoyens tout en continuant à acheter du pétrole aux régimes qui financent le terrorisme, et à chercher à leur vendre des centrales… Quelle hypocrisie ! D’autant qu’en prolongeant le fonctionnement de ses réacteurs vieillissants et dangereux, elle fournit des cibles potentielles pour les terroristes. Les risques que le nucléaire, tant civil que militaire, fait courir aux populations, sont totalement inadmissibles.

 

Plus que jamais, nos combats sont d’actualité. En lien avec la Coalition Climat 21, nous poursuivrons les mobilisations, partout et où que nous soyons, pour continuer à faire entendre notre message !

 

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à participer massivement au Village Mondial des Alternatives les 5 et 6 décembre, au Climat Forum à Montreuil et à la Zone Action Climat à Paris du 7 au 11 décembre. Il appelle à manifester partout sur le territoire où ce sera possible entre le 29 novembre et le 12 décembre. Aux côtés de nos partenaires internationaux, nous y porterons haut et fort notre message : le nucléaire ne sauvera pas le climat !

 

Malgré les manœuvres gouvernementales et la mise en place d’un état d’exception inacceptable, nous continuerons notre lutte contre le plus grand risque industriel et militaire que l’humanité ait jamais produit et dont la France est le plus zélé représentant : le risque atomique.

 

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/

 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 22:09
ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE À PARIS

  APRÈS LE DRAME : COMPASSION & LUCIDITÉ

 

BAYONNE, Place de la Libération, 14 novembre 2015. Ici comme à Hendaye et partout ailleurs au lendemain des sanglants attentats de Paris, une foule émue se recueille en hommage aux très nombreuses victimes innocentes de ces actes barbares et cherche à comprendre ce qui anime la folie meurtrière de leurs jeunes auteurs.

 

Interrogé sur ce dernier point lors d'un débat télévisé, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, nous livre une réponse d'une cinglante clairvoyance et qui interpelle les consciences : http://www.dailymotion.com/video/x26sp1d_de-villepin-a-propos-de-l-etat-islamique-6-minutes-d-intelligence-et-de-lucidite_webcam

 

Nous rapportons également une vidéo réalisée après la rencontre de Pierre Laurent (PCF) avec le Président de la République, ceci afin de permettre à ce dernier d'exprimer publiquement le point de vue de son parti sur ce drame et ses prévisibles conséquences, sachant qu'il a été le seul des dirigeants politiques reçus à l’Élysée dont les propos ont été censurés, notamment par la chaîne publique France 2 : http://www.youtube.com/watch?v=T-Bm6_QRN6Y

 

Ces deux interventions aideront à mieux comprendre la situation périlleuse dans laquelle notre pays se trouve en se livrant au Proche et Moyen-Orient, mais aussi en Afrique subsaharienne et au Sahel, à un "suivisme" aveugle de la doctrine interventionniste esquissée par les instances transatlantiques de l'OTAN, pour qui le chemin de la "fatalité" guerrière est le seul possible si l'on souhaite enrayer le terrorisme. Mais qu'adviendra-t-il de l'éclosion de haine et des violences raciales que l'on constate ici et là à travers le pays (http://www.20minutes.fr/rennes/1731887-20151116-agression-raciste-pontivy-fallait-interdire-manifestation-adsav-samedi) si le "tout répressif" devait demain montrer ses limites dissuasives ou, pis encore, mener à un énième échec militaire dans ces lointaines régions ?

 

Conscient de l'incomparable décision que constitue l'entrée d'un pays en guerre, Barack Obama lançait l'an dernier devant les éléves-officiers de l'académie militaire de West Point  : « Depuis la seconde guerre mondiale, quelques-unes de nos erreurs les plus coûteuses sont venues non pas de notre retenue, mais de notre tendance à nous précipiter dans des aventures militaires, sans réfléchir à leurs conséquences. »  C'est bien parce qu'il éprouve une encore plus grande aversion à tout enivrement guerrier que l'ancien diplomate qu'est Dominique de Villepin a peu de chances de contredire le Président américain sur ce point.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 14:23
COMMENT DONNER UN COUP DE MAIN AUX PÈRES NOËL VERTS ?

En décembre, les Pères Noël verts, parés aux couleurs de l’espérance, viennent en aide au légendaire Père Noël rouge.

 

Au Secours populaire, les personnes en difficulté sont accueillies dans les permanences d’accueil, de solidarité et relais-santé. Dans toute la France, ce sont des lieux de vie et de solidarité qui permettent aux bénévoles d’accueillir, d’écouter et d’apporter soutien, aide matérielle, conseils. Leur rôle est essentiel, elles sont les principales portes d’entrée de l’association. Ces permanences sont étudiées pour offrir un cadre convivial et chaleureux où les personnes en situation de précarité peuvent parler de leurs difficultés, et cela en toute confidentialité et dans le respect de la dignité de chacun.

 

En 2014, les permanences d’accueil, de solidarité et relais-santé du Secours populaire ont permis à 2 737 300 personnes démunies de trouver soulagement, aide réelle, écoute chaleureuse et accompagnement.

 

Ce travail colossal a pu être réalisé grâce au dévouement des plus de 80 000 bénévoles de l’association, mais également à l’engagement de ses fidèles parrains et marraines, sans oublier l’indispensable soutien de ses partenaires.

 

https://www.secourspopulaire.fr/peres-noel-verts#.VlMUS7-h2uI

 

 

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 09:58
Les deux mastodondes allemands LIDL et ALDI parviendront-ils à s'octroyer demain plus de 40% des ventes de la grande distribution en France et dans les autres pays d'Europe ?

Les deux mastodondes allemands LIDL et ALDI parviendront-ils à s'octroyer demain plus de 40% des ventes de la grande distribution en France et dans les autres pays d'Europe ?

 

L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE ET LA

GRANDE DISTRIBUTION EN ÉTAT DE SIÈGE

 

Après avoir occupé jusqu'en 1995 le 2ème rang mondial des pays exportateurs de produits agricoles, la France a progressivement perdu sa place de grande puissance exportatrice en matière agroalimentaire pour se situer désormais au 5ème rang de ce classement derrière l'Allemagne. La forte compétitivité allemande est particulièrement impressionnante dans les domaines du porc, du bœuf, de la volaille, des œufs, des produits laitiers et sucriers, mais aussi de certains fruits comme les fraises. 

 

Alors que les volumes de production et d'exportation des produits hexagonaux stagnent depuis des années, l'industrie agroalimentaire d'outre-Rhin connaît une irrésistible croissance due à une stratégie industrielle axée sur la modernisation et la fusion de nombreuses entreprises du secteur de production et de transformation des denrées alimentaires, mais aussi grâce à la facilité avec laquelle elle accède à une main-d'œuvre abondante et peu coûteuse, recrutée dans les Ex-pays de l'Est. (1)

 

Les raisons du succès allemand et du déclin agroalimentaire hexagonal

 

Les avantages compétitifs ci-dessus évoqués sont en outre efficacement amplifiés par le fait que des rapports consensuels lient les protagonistes contribuant au développement de l'agroalimentaire allemand en Europe. Ainsi, industriels et distributeurs de ce secteur font-ils généralement cause commune pour implanter ou étendre leurs activités sur les marchés extérieurs. Ceci leur permet de propulser les volumes de production et d'offrir des marchandises manufacturées à des prix souvent inférieurs à ceux des autres pays occidentaux.(2)  La somme de ces facteurs permet à des ténors de la grande distribution tels LIDL ou encore ALDI d'innonder de produits venus d'outre-Rhin la myriade des 18 242 filiales qu'ils exploitent dans 26 pays d'Europe. (3)

 

Ainsi nos voisins germains ont-ils adroitement réussi à anticiper, puis accompagner les changements qui se sont produits dans les habitudes alimentaires des consommateurs européens depuis le début de la crise économique de 2008. Cette capacité organisatrice leur a permis de faire émerger partout en Europe de puissants réseaux d'enseignes discounts qui sont les vecteurs essentiels de l'irrésistible développement de l'industrie agroalimentaire allemande. La contrepartie de cette réussite est que, aussi bien la grande distribution que l'industrie agroalimentaire de pays comme le nôtre, peinent à maintenir leur activité qui est pourtant d'une importance économique capitale puisqu'elle est la première contributrice du secteur de l'industrie manufacturière française, avec 21% de son chiffre d'affaires. 

 

Il est, en regard des difficultés rencontrées par la filière agroalimentaire hexagonale, utile de souligner que nos voisins allemands parviennent à étendre leur emprise de ce côté-ci du Rhin parce que notre marché hexagonal offre de plus juteuses perspectives de profits que le leur, du fait du seul désalignement des prix de détails des marchandises entre nos deux pays. Cette situation remet entre autres en scène les problèmes liés aux "marges arrières"  des filialistes et place la  grande distribution hexagonale devant le choix de savoir si elle souhaite encore préserver ainsi son avenir ?

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1)  La législation allemande traitant du salaire minimum dernièrement introduit permet toute une série de dérogations dans son application jusqu'au 31 décembre 2017, ce qui fait que dans certaines branches d'activités les salariés gagnent encore nettement moins que les 8,50 euros prescrits. À partir de 2018, seuls les salariés saisonniers pourront travailler jusqu'à concurrence de 70 jours/an (actuellement 50 jours/an) pour des salaires inférieurs à la norme de 8,50 euros / heure : http://www.mindest-lohn.org/ausnahmen.html

 

(2) Un document publié par LIDL et qui est dédié aux médias ainsi qu'aux élus locaux qui accueillent sur leur territoire de nouvelles implantations du groupe, prétend que l'assortiment de marchandises proposées dans les 1 617 enseignes françaises de ce distributeur proviendrait pour au moins 50% de notre marché national. Cette affirmation mérite d'être nuancée puisque, tout bon observateur qui se rend en Allemagne peut constater de ses propres yeux que la similitude entre les articles proposés çà et là est évidente, et révèle qu'une forte proportion de produits (hormis les fruits et légumes et certaines denrées fraîches) provient de l'agroalimentaire d'outre-Rhin, ainsi que l'a également constaté le traducteur de l'article de presse ci-après qui est un familier de ce pays. 

 

(3)  18 242 filiales auxquelles il faut ajouter les 1 458 autres qui se trouvent aux USA et en Australie, ce qui fait que ces deux groupes possèdent un total mondial de 19 700 points de vente. (voir infographie ci-dessous)

 

 

LIDL et ALDI réunis possèdent 19 700 filiales dans le monde, ce qui représente un formidable relais d'écoulement de la production agroalimentaire allemande. Infographie : Focus ©

LIDL et ALDI réunis possèdent 19 700 filiales dans le monde, ce qui représente un formidable relais d'écoulement de la production agroalimentaire allemande. Infographie : Focus ©

Les hard-discounts ALDI et LIDL bouleversent

la distribution alimentaire en Europe

 

 

Les chaînes de distribution alimentaire à bas prix telles que Aldi et Lidl ont atteint leurs limites de croissance en Allemagne. Toutefois, leur faim de croître à l'étranger n'est pas prête d'être rassasiée, alors que le gigantisme de leurs tailles pose déjà de sérieux problèmes concurrentiels.

 

Par Michael Gassmann

Quotidien DIE WELT du 11.07.2015

Traduction : Sirius

 

Le marché de la distribution alimentaire d'outre-Rhin est depuis déjà longtemps entre les mains des magasins de type discounts. Dorénavant, ces derniers cherchent également à s'étendre sur les contrées d'Europe qui détiennent du pouvoir d'achat. La société d'études de marché Nielsen est convaincue que la révolution du discount qui a déjà bouleversé le paysage commercial allemand lors des dernières décennies peut désormais se laisser massivement transposer vers d'autres pays.

 

Une extension de 5% de pénétration sur ce marché semble possible. Cela équivaut à une augmentation d'au moins 50 milliards d'euros de chiffre d'affaire. Ce dernier montant correspond au volume du chiffre d'affaire annuel d'une entreprise de distribution telle que REWE.

 

En Allemagne, les réseaux de distribution bon marché ont atteint des limites de croissance. Il existe peu de petites villes allemandes où des enseignes telles que Lidl, Aldi ou Penny (1) ne sont pas présente et ne parviennent donc pas à aspirer le pouvoir d'achat de la clientèle. Ainsi, "avec 40 % de parts du marché, la limite semble être atteinte sur le marché allemand", diagnostique Hogen.

 

Comment Lidl & Co souhaitent conquérir de nouveaux clients

 

Le bien-être des animaux, une production durable ou encore des conditions de travail équitables, ne sont pas les facteurs auxquels sont attachés Lidl ou Aldi. Mais c'est justement en ces domaines que les discounts veulent à l'avenir marquer des points.

 

Ces chaînes aux prix agressifs parviennent à quelque peu augmenter leurs parts de marché dans les pays scandinaves, mais les pays les plus peuplés offrent à des sociétés comme Aldi, Lidl ou encore Penny bien plus d'opportunités pour croître. En Italie, Espagne ou encore en France, 12 à 13 % des dépenses en nourriture et biens de consommation éphémères sont faites dans des magasins à bas coûts, le Royaume-Uni n'étant en la matière encore seulement qu'à 10 %.

Dans des pays comme la Norvège, le Danemark ou encore l'Allemagne, les réseaux de distribution discount ont atteint des limites de croissance. Des marges appréciables d'extension sont néanmoins possibles dans les pays de l'Ouest et du Sud de notre continent. C'est justement là que ces distributeurs cherchent à considérablement s'étendre. La cartographie ci-dessus montre le pourcentage du chiffre d'affaire des discounters par rapport à la grande distribution alimentaire traditionnelle en 2014.

Dans des pays comme la Norvège, le Danemark ou encore l'Allemagne, les réseaux de distribution discount ont atteint des limites de croissance. Des marges appréciables d'extension sont néanmoins possibles dans les pays de l'Ouest et du Sud de notre continent. C'est justement là que ces distributeurs cherchent à considérablement s'étendre. La cartographie ci-dessus montre le pourcentage du chiffre d'affaire des discounters par rapport à la grande distribution alimentaire traditionnelle en 2014.

Les discounts élargiront considérablement leurs réseaux de succursales

 

" Les discounts augmenteront leurs parts de marché en Europe par une extension des réseaux", prédit Hogen. Cela est déjà le cas, mais la hausse a été jusqu'à maintenant modérée. Pour parvenir à augmenter leur part de marché de 15 à 20 % les discounts ont eu besoin de 15 années. Durant cette période, le nombre de magasins à bas prix a augmenté de près d'un tiers. A cela viennent s'ajouter les dépenses toujours plus importantes de la clientèle dans ce genre de de surfaces de ventes.

 

Nielsen estime qu'un nouveau sursaut de croissance en Europe pour Aldi, Lidl & co est désormais imminent. "Ainsi le paysage de la distribution européenne va être complètement bouleversé, affirme quant-à-lui Hogen.

 

Klaus Gehrig, PDG de la société Schwarz, maison mère du groupe Lidl, laissait dernièrement entrevoir l'ambition de son entreprise. Schwarz, désormais le plus grand distributeur européen, franchira dans peu de temps le cap de 100 milliards d'euros * de chiffre d'affaire : " Dans cinq ans, nous en serons arrivé là ", dit-il, à la revue "Manager Magazin". Un des facteurs de cette réussite selon Gehrig réside dans la pénétration de nouveaux marchés.

 

Les gestionnaires des discounts ont, selon Nielsen, grandement appris au cours de cette internationalisation. “ Ils ont tout d'abord essayé de transférer le concept allemand des affaires dans son intégralité. Maintenant ils s'adaptent beaucoup plus aux réalités régionales" observe cet analyste de marché et cite des exemples: “ En Suisse, les consommateurs ne veulent en aucune façon retrouver une copie d'une gamme allemande et exigent des produits suisses.“ Ainsi retrouve-t-on souvent des symboles tels que la Croix de la Suisse dans la publicité et sur les emballages des produits.“

 

" En Grande-Bretagne, les discounts sont confrontés à un profond scepticisme des consommateurs concernant cette forme de distribution commerciale. C'est pourquoi ils y investissent surtout massivement dans la publicité télévisée “, explique Hanson. En Autriche, une adaptation aux heures d'ouverture locales a été mise en place, et la société a dans le même temps investi dans le domaine de la nourriture fraîche, en proposant des fruits et légumes ainsi que de la boulangerie.

LIDL prétend proposer 50% de son assortiment en produits issus des pays où l'enseigne est implantée. La palette de sucre en morceau de la marque "DIAMANT" (producteur : Pfeifer & Langen GmbH & Co - Köln, 1,47 milliard d'euros de chiffre d'affaire en 2013) photographiée ci-dessus dans une des 1 617 filiales françaises du groupe, semble démontrer que l'on est loin de la réalité et que LIDL s'approvisionne avant tout là où les produits lui sont proposés au meilleur prix, ce qui est le cas de beaucoup de ceux provenant d'Allemagne.

LIDL prétend proposer 50% de son assortiment en produits issus des pays où l'enseigne est implantée. La palette de sucre en morceau de la marque "DIAMANT" (producteur : Pfeifer & Langen GmbH & Co - Köln, 1,47 milliard d'euros de chiffre d'affaire en 2013) photographiée ci-dessus dans une des 1 617 filiales françaises du groupe, semble démontrer que l'on est loin de la réalité et que LIDL s'approvisionne avant tout là où les produits lui sont proposés au meilleur prix, ce qui est le cas de beaucoup de ceux provenant d'Allemagne.

Le principal acteur britannique Tesco a enregistré une perte record

 

Nos efforts d'adaptation augmentent la performance : " On cherche à être perçus comme une société d'origine allemande, mais adaptée aux contingences locales ", explique Hanson, qui ajoute " ce numéro d'équilibriste est nettement meilleur qu'il y a cinq ans." Derrière cette avancée se dissimulent des changements organisationnels : " les sociétés travaillent désormais par unités dotées d'une plus large autonomie opérationnelle dans les différents pays concernés."

 

Le résultat le plus concret de ce changement se laisse lire dans les statistiques du commerce de la Grande-Bretagne. Des acteurs tels que Lidl et Aldi qui sont depuis plus de dix ans présents sur le terrain sans avoir réussi une véritable percée enregistrent désormais des changements.

 

Ces deux sociétés parviennent maintenant à des taux de croissance à deux chiffres et leurs parts regroupées de marché s'élèvent à dix pour cent, ce qui commence à faire peur aux concurrents fortement implantés, tel le chef de file Tesco qui vient dernièrement de subir les plus grandes pertes de son histoire, pendant que son concurrent Sainsbury plongeait lui aussi dans le rouge. De nombreux britanniques n'osaient hier encore pas franchir le seuil de ce type de magasins, mais une conjugaison de campagnes publicitaires liée au facteur temps amènera là encore du changement : " Il était également inconcevable en Allemagne d'aller acheter dansun discount il y a de cela dix à quinze ans."

 

Les distributeurs traditionnels tels Edeka et REWE répliquent par la fraîcheur et le service à la clientèle

 

Les détaillants alimentaires allemands traditionnels savent comment lutter contre les modèles commerciaux des discounts. « Les généralistes comme Edeka et REWE ont longtemps souffert face au fort développement des discounts ", martèle Hanson, " maintenant, ils ont appris à proposer de la fraîcheur et à mieux jouer la carte du service qui sont leurs points forts. Cela leur permet même de récupérer des parts de marché. Hors Allemagne, la crise économique des pays européens fait le jeu des magasins qui ont un service limité mais des prix attractifs. " Le déclin réel du pouvoir d'achat dans de nombreux marchés européens ouvre donc la voie aux discounts allemands ", déclare Hogen.

 

En Allemagne, cette forme de commerce a pendant les décennies de stagnation des salaires qui se produisit au tournant du millénaire mené à l'efficacité opérationnelle et à la solidité financière de ce type de magasins. Elle a mis les consommateurs en confiance au point d'avoir une base difficilement ébranlable. En moyenne, chaque ménage allemand achète, selon Nielsen, environ 90 fois par an dans un discount et y dépense 1800 euros de nourriture, de shampooings ou encore l'alimentation animale.

 

* Chiffre qui permettra à Lidl de surpasser la multinationale Carrefour.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 14:22
Martin Luther King en 1955 à Montgomery (Alabama) après son discours appelant à boycotter la politique municipale de ségrégation raciale dans les transports publics.

Martin Luther King en 1955 à Montgomery (Alabama) après son discours appelant à boycotter la politique municipale de ségrégation raciale dans les transports publics.

Alors que l'activisme non-violent use de la seule force des mots pour dénoncer sans relâche l'occupation arbitraire dont souffre le peuple palestinien depuis la guerre «préventive» des Six Jours lancée en juin1967 par Israël, notre doux pays, berceau mondial de l'État moderne de droit nous dit-on, ne trouve rien de mieux que de s'attaquer unilatéralement aux protestataires de la société civile française qui critiquent la passiveté de nos gouvernants successifs envers la politique de colonisation que mène l'État hébreu en Cisjordanie et Jérusalem-Est.

 

Le dernier épisode de cette guerre des mots revêt une importance toute particulière, puisqu'il met désormais en scène la Justice qui se fonde sur une loi assortie d'une circulaire adressée en 2010 aux procureurs par Mme Alliot-Marie, alors garde des sceaux, pour lourdement sanctionner le moindre appel à boycotter les produits en provenance d'Israël.

 

On devine sans peine que l'intimidation punitive excercée envers ceux qui protestent contre cette colonisation des territoires palestiniens occupés risque d'être transposée demain sur d'autres secteurs de la vie publique française et pourrait ainsi restreindre la libre expression citoyennne. Nous ne résistons de ce fait pas au devoir d'informer nos visiteurs du dernier rebondissement de cette problématique en fournissant les liens d'un article paru à ce sujet dans le quotidien Libération, et en les invitant par ailleurs à parcourir le site de la très sage UJFP *.

 

Cette circonstance nous amène à rappeler que l'illustre défenseur des droits civiques que fut Martin Luther King Jr. a lui aussi été jadis accusé d'avoir organisé et mené le boycott des bus publics de Montgomery (Alabama) pour promouvoir la déségrégation, le droit de vote et d'emploi des minorités états-uniènnes, ce qui ne l'empêcha pas de glaner ensuite une multitude de distinctions internationales, dont le prestigieux Prix Nobel de la Paix en 1964.

 

LE FOND DE L'AFFAIRE :

http://www.liberation.fr/france/2015/10/28/le-boycott-anti-israelien-est-illegal-en-france_1409557

 

LE POINT DE VUE DE L'UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX (UJFP) : 

http://www.ujfp.org/spip.php?article4492

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

* Charte de l' UJFP : « Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà,  bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.

 

Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »

 

Si vous souhaitez alléger la souffrance dans les territoires palestinens occupés :

Si vous souhaitez alléger la souffrance dans les territoires palestinens occupés :

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 18:01

 

SOCIÉTÉ

 

L'inédite régression sociétale qui frappe actuellement notre pays se manifeste aussi sous la forme d'un névrotique besoin d'une partie de nos "élites", mais aussi de certains élus politiques, d'exprimer à tout bout de champ leur racisme. Ces nauséabonds positionnements sont bien entendu situés aux antipodes de notre héritage républicain, et il suffisait d'écouter ces derniers jours la députée européenne Nadine Morano pour parvenir aisément à s'en convaincre. Cherchant à justifier son intolérable propos, Mme Morano a même tenté de lier le général de Gaulle à ses vues racialistes, citant un texte dont les spécialistes du général contestent l'authenticité.

 

Jamais depuis les années 30 la société française n'avait connu une telle profusion de voix aussi xénophobes. Il faut se souvenir qu'en 1937, un dénommé Félix Eboué * avait, alors que le racisme était parvenu à son paroxisme partout en Europe, appelé les écoliers de Pointe-à-Pitre à " piétiner les préjugés, tous les préjugés, et (à) apprendre à baser l'échelle des valeurs uniquement sur les critères de l'esprit " poursuivant : " Les pauvres humains perdent leurs temps à ne vouloir considérer que les nuances qui les différencient pour ne pas réfléchir à trois choses précises qui les réunissent : les larmes, le sang, l'intelligence." (1)

 

La multiplication des dérapages raciaux auxquels nous assistons aujourd'hui créée une dynamique faisant grandement le lit de l'extrême droite nationaliste et fragilise les fondements du vivre-ensemble que notre République place en premier plan dans notre Constitution : " la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale " et " elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion." (Article 1er de ce texte fondateur).

 

Les motivations des exilés d'aujourd'hui, qui viennent essentiellement de pays non européens plongés dans des conflits guerriers ou encore de contrées où règne une profonde misère, ne sont en réalité pas différentes de celles qui enclenchèrent les migrations successives d'antan, ces humains s'exilant avant tout pour échapper aux massacres ou encore éviter la famine. On ne peut donc que blâmer ceux qui cherchent à déformer ou étouffer ces cruelles réalités par des propos inappropriés qui sont propices à instaurer la confusion et l'oubli dans notre mémoire collective.

 

La stigmatisation régulière de " l'étranger " à laquelle on assiste de nouveau aujourd'hui remet en cause le principe de fraternité sans lequel aucune vie en communauté est possible. Elle est aussi une redoutable arme déstabilisatrice qui participe à faire basculer le pays entre les mains des ennemis de la République. De nombreux antécédents historiques retracent ce risque, ainsi que l'analyse la chronique ci-après écrite par le fils d’un ancien combattant républicain espagnol de la Guerre d'Espagne qui fut par la suite résistant sous l'Occupation nazie dans l’Aveyron.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

* Félix Éboué, né en 1884 à Cayenne, décédé en 1944 au Caire. Humaniste et littéraire, il fut gouverneur du Tchad, alors colonie française. Résistant de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale, sa dépouille repose depuis 1949 au Panthéon.

 

(1)  Citation rapportée par le quotidien Le Monde du mardi 6 octobre 2015.

La députée européenne Nadine Morano alors qu'elle était encore en campagne de soutien à la candidature de Nicolas Sarkosy pour la présidentielle de 2017. Photo : lesinrocks.com

La députée européenne Nadine Morano alors qu'elle était encore en campagne de soutien à la candidature de Nicolas Sarkosy pour la présidentielle de 2017. Photo : lesinrocks.com

                                                                            Par Jean Ortiz **

 

 

Des dizaines de milliers de descendants de Républicains espagnols, fils, filles, petits-fils (filles) du premier exode massif du 20 siècle, vivent avec douleur l’attitude de « la France officielle », macronisée, dans la « crise des migrants »... que nous sommes tous.

 

Cette France des classes dominantes, prêtes à tout, et d’abord aux « réponses sécuritaires », pour conserver pouvoir, privilèges, hégémonie, est celle des féodaux, des Versaillais, des émigrés de Coblentz, de la Cagoule, des Maîtres des Forges, des « Croix de Feu », des anti-Dreyfusards, de la « milice », des pétainistes, celle qui depuis le début des années 1930, fascinée par le « modèle allemand », prépara la fascisation de la démocratie et la liquidation de la République, cette « gueuse ».

 

Tout fut volontaire, organisé, délibéré... Le vernis démocratique vite jeté aux orties par intérêt de classe.

 

Lorsque nos parents, ces premiers antifascistes, vaincus, abandonnés par toutes les « démocraties », arrivèrent par milliers à la frontière catalane, la France officielle ne fut pas dépassée. Elle savait que la Catalogne tombée, la « Retirada » provoquerait un exode très nombreux. Face au drame annoncé, Elle, qui par la « non intervention » préféra Franco au « Frente-crapular », promut le « chaos », la xénophobie, parlant y compris « d’invasion »... au lieu de simple humanité. Les mêmes, toujours les mêmes !

 

La France des « élites » avait depuis longtemps, par « anti-bolchévisme », choisi la défaite, donc son camp : celui de Franco. Voilà pourquoi elle humilia nos parents et en parqua 275.000, sur près de 500.000, dans des camps dits à l’époque « de concentration », entourés de barbelés et surveillés par d’arrogants gendarmes et des forces militaires « coloniales » fanatisées. Ces camps : Argelès, Barcarès, Gurs, Collioure, le Vernet, Setfonds, Saint-Cyprien, Rieucros... Aujourd’hui , nous les « héritiers », portons encore en nous cette blessure originelle, et ce traumatisme fondateur.

 

Le gouvernement Daladier, « de gauche », « queue du Front populaire », à majorité radical-socialiste, investi le 10 avril 1938, menait à la fois une guerre anti-ouvrière (« Plan de redressement économique et financier », « assouplissement de la loi des 40 heures », tiens , tiens !), une répression ciblée, contre les communistes, et criminalisait les « étrangers », surtout « les mauvais étrangers », les « rouges ». Valls n’a rien inventé...

 

Dès le 12 avril 1938, (puis en novembre) des décrets répriment les « propagandes étrangères » et engagent la chasse à tous les « mauvais étrangers », aux « indésirables »... Plus tard, les décrets-lois des 12 et 19 avril 1939, renforcent cette traque aux « indésirables » : les antifascistes de la MOI, les militants de diverses nationalités réfugiés en France, traités comme des chiens, et qui seront les premiers à prendre les armes (en France, cette France qui foula aux pieds leur dignité), pour continuer un combat antifasciste sans frontière, porteurs d’une « patrie d’idéal ». Ces « envahisseurs » furent, par internationalisme, par antifascisme, plus « patriotes » que beaucoup de Français « de souche » !

 

Par haine de classe, le 12 novembre 1938, fut adopté un décret sur « l’internement des étrangers indésirables » dans des « centres (bien) spéciaux » (déjà !). La première réaction de cette France des « élites », de la « synarchie », des collabos, et de quelques brebis « de gauche » faussement égarées, fut de renvoyer ces « rouges dangereux » en Espagne, donc à la mort. A la fin 1939, les deux-tiers des réfugiés des « camps de la honte », avaient, le plus souvent sous la contrainte, repris le chemin du retour. Les autres furent contraints au travail forcé, dans des « Groupes de travailleurs étrangers » (GTE) militarisés, surveillés par les services français, les franquistes et les agents nazis.

 

La France versaillaise, fébrilement « germanophile », nomma ambassadeur en Espagne franquiste (choix ô combien symbolique), un certain Philippe Pétain. Choix délibéré. La France reconnut le gouvernement putschiste de Burgos avant même la fin officielle de la Guerre (premier avril 1939). Un inédit dans les relations internationales ! Par les «accords Bérard-Jordana » (27 février 1939) , un « deuxième Munich », la France de « la bonne société » une nouvelle fois capitula délibérément, devança même la demande, et s’engagea à livrer à Franco les 50 tonnes d’or que les autorités espagnoles avaient déposé en 1931 à Mont-de-Marsan (annexe de la Banque de France), et qu’elle avait refusé aux gouvernements républicains (au nom de la « non intervention » !) lorsqu’ils en firent la demande. Ah, la farce de cette si interventionniste « non intervention » !!

 

Pétain ambassadeur allait « s’occuper » de ces antifascistes étrangers gênants, « subversifs », et travailler à ce que des milliers soient refoulés et livrés de force à l’ami, l’allié, Franco. Pétain alla jusqu’à vanter le régime franquiste. Début août 1939, il adressa un message officiel au « caudillo » « par la grâce de Dieu » et d’Hitler, louant l’architecture d’une Espagne « pacifiée et pacifique, une, grande, libre » (Voir le lumineux « De Munich à Vichy », de Annie Lacroix-Riz, éditions Armand Colin, p. 121)

 

La « grande presse » française se déchaînait contre ces « hordes d’envahisseurs » espagnols. Le 9 février, la semaine même où des milliers de combattants de la liberté, de femmes, d’enfants, épuisés, affamés, bombardés en permanence, arrivaient à la frontière de ce qu’ils croyaient « le pays des droits de l’homme », l’éditorialiste du « Patriote des Pyrénées », quotidien à grand tirage, écrivait : « En un siècle où ne règne que la force, où la moindre faiblesse se paie par le sang, il est déjà bien que nous n’ayons pas refoulé la « horde wisigothique ». Pagès dénonçait « le danger de contagion morale et physique, sans compter les femmes, plus indésirables que leurs compagnons, qui vont rôder dans tout le sud-ouest ». La France vit les événements d’Espagne par procuration. La guerre idéologique fait rage. L’opinion publique, chauffée à blanc, est majoritairement hostile à « l’invasion », avale la xénophobie officielle et l’austérité pour les « classes dangereuses ». Seules la CGT, beaucoup de mairies de gauche, le parti communiste, des militants d’autres partis de gauche, le Secours Rouge, des associations et organisations humanitaires, le Comité international pour l’aide à l’Espagne républicaine, des intellectuels comme Paul Langevin, le libertaire comité « Solidarité internationale antifasciste », etc. sauvent l’honneur de la France en organisant, par solidarité de classe, et/ou simple humanisme, un accueil solidaire.

 

Oui, disons-le et répétons-le, crions-le jusqu’à satiété, les mêmes, toujours les mêmes !

 

 

 

** Jean Ortiz a fait des études supérieures à Montpellier et Toulouse. Il est maître de conférences, syndicaliste et parfois homme politique. Il est spécialiste des littératures des Amériques et des littératures de langue espagnole. Également journaliste, il est chroniqueur à la revue altermondialiste Mémoire des luttes ainsi qu'au quotidien L'Humanité duquel le texte ci-dessus a été extrait le 26 septembre 2015.

 

 

 

 

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 15:49
ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE RÉMI FRAISSE

        À Rémi Fraisse, notre fils mort il y a un an

 

                                                                     Le Monde | 22.10.2015 à 12h24

 

Nous avons appris que l’État en France pouvait tuer. Rémi, notre fils et notre frère, a été tué par une grenade offensive lancée par un gendarme alors qu’il était venu à Sivens pour faire la fête et pour discuter d'environnement. Il n’a pas réalisé que les affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants étaient devenus violents et dangereux. Il s’est approché. Pourquoi ?

 

Après les débats et les concerts, vers 1 heure du matin, Rémi a été voir ce qui se passait près de la zone de chantier, il a suivi le mouvement qui partait de la métairie. Il était avec Anna, son amie. Près de la zone de chantier, il y avait des jeunes comme lui, des moins jeunes, des militants, des pacifistes, des personnes cagoulées.

 

Le bruit des grenades assourdissantes, des grenades offensives, les gaz lacrymogènes, tout était sûrement très impressionnant. Des personnes se faisaient tirer dessus, il y avait beaucoup de blessés. Il a dû se dire, avec certains, il faut y aller, il faut leur dire d’arrêter, il faut aller aider les collègues.

 

Traîné comme un chien

 

Il s’est approché. C’était le mauvais moment. Plusieurs tirs de grenades à ce moment-là. Rémi tombe au sol. Il est 1 heure 45 du matin. Les gendarmes voient un corps, ils viennent le chercher, ils comprennent que Rémi est mort, ils le traînent comme un chien sur plusieurs dizaines de mètres, sa tête rebondit sur le sol. Les médias parlent d’un corps retrouvé dans la forêt !

 

Un capitaine de gendarmerie nous appelle au téléphone. Personne ne nous dit rien. On nous pose des questions, on nous demande si nous savons où Rémi se trouve, si nous avons des photos de lui. Nous apprenons son décès. Pendant trois jours, le silence, les doutes, les craintes, le mensonge. Rien sur les causes de sa mort, sur les raisons, les circonstances. Y a-t-il une enquête, un juge est-il saisi ? Pourquoi ?

 

L’instruction est finalement ouverte, deux juges sont désignées. L’autopsie révèle qu’il est mort à la suite de l’explosion d’une grenade offensive au niveau de son dos. Cette grenade aurait été lancée par un gendarme mobile non pas depuis la zone de chantier, où les forces de l’ordre étaient positionnées en défense, mais en dehors de cette zone, en mouvement sur le côté sud-est, près de lui.

 

La zone de chantier est située sur un terrain privé déjà entièrement saccagé par les bulldozers du propriétaire, le conseil départemental du Tarn lui-même, sur lequel il n’y a absolument rien à défendre et que l’on a entouré de douves comme au Moyen Age.

 

Vital Michalon quarante ans plus tôt

 

Les gendarmes mobiles ont utilisé contre nos enfants de France des armes qui tuent, grenades de guerre inventées pendant la guerre de 1914-1918. Elles avaient pourtant déjà tué le militant écologiste Vitam Michalon quarante ans plus tôt. Pourquoi ?

 

Nous voulons savoir ce qui s’est passé. Nous voulons savoir comment Rémi est mort, pourquoi il est mort. Toutes les victimes de ce soir-là doivent être entendues. Toutes les personnes présentes à côté de lui et qui peuvent nous expliquer comment cela s’est passé, où il était, ce qu’il a dit. Nous leur demandons, en son nom, pour lui, pour que de tels actes ne se reproduisent jamais sur notre sol, de venir courageusement témoigner pour nous aider à faire toute la lumière sur cet événement dramatique pour la nation tout entière. Nous voulons comprendre

 

Nous voulons comprendre comment un gendarme peut envoyer une grenade mortelle dans de telles circonstances, comment des commandants de gendarmerie ont pu donner l’ordre d’user de ces armes, alors que leur métier est de circonscrire la violence. Nous voulons savoir qui est responsable. Un non-lieu serait terrible.

 

Jean-Pierre Fraisse, Véronique Voiturier et Chloé Fraisse sont les parents et la sœur de Rémi Fraisse

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 19:17
Marcello Usabiaga,  vétéran républicain qui fut de tous les combats pour défendre la Liberté.

Marcello Usabiaga, vétéran républicain qui fut de tous les combats pour défendre la Liberté.

Nos amis de l'association irunaise Nicolás Guerendiain ont, lors d'une cérémonie qui s'est traditionnellement tenue le 18 octobre 2015 à Pikoketa, rendu hommage aux fusillés républicains espagnols qui furent lâchement exécutés en ce lieu par les troupes franquistes.

 

Cette commémoration incluait exceptionnellement cette année un autre hommage rendu à Marcelo Usabiaga Jauregi, militant de toujours des partis communistes basque et espagnol, qui s'est éteint le 23 juillet 2015 et dont le frère Bernardo faisait justement partie des 13 fusillés de Pikoketa.

 

Voir la vidéo de cette cérémonie commémorative : https://youtu.be/nSMmSjPvWv0?list=PLosYUj256FiOEWmfUKgY4R7aIaPTKlUnnhttp://

 

Suivre une interview de Marcelo Usabiaga : https://youtu.be/GemzCfs_ovE

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 19:15
250 000 protestataires dans les rues de Berlin samedi 10 octobre 2015 contre les accords de "libre échange"TTIP-CETA;

250 000 protestataires dans les rues de Berlin samedi 10 octobre 2015 contre les accords de "libre échange"TTIP-CETA;

Une foule impressionnante, estimée à 250 000 personnes, est descendue hier samedi 10 octobre 2015 dans les rues du quartier gouvernemental de Berlin pour s’opposer à l'entêtement que manifeste l’UE d’adopter les accords transatlantiques de type ultra-libéral baptisés TTIP et CETA qui suscitent de fortes inquiétudes au sein des populations des pays de l'Union.

 

 

Voir la vidéo de la manif : https://youtu.be/I0fTAwwq1Ww

 

 

Ainsi que nos divers articles déjà parus à ce sujet :

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2013/05/derive-transatlantique.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2014/11/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental-4.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/05/tafta-les-eurodeputes-contre-l-attente-des-citoyens.html

 

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 20:49
Les tailleurs Émile et Léa Delvaille en compagnie de leur fille Arlette ainsi que de petits camarades, photographiés devant leur atelier familial jadis situé à l'angle du boulevard de la Plage (aujourd'hui Bld. du Général de Gaulle) et de la rue du Jaïzquibel. Photo estimée à 1932

Les tailleurs Émile et Léa Delvaille en compagnie de leur fille Arlette ainsi que de petits camarades, photographiés devant leur atelier familial jadis situé à l'angle du boulevard de la Plage (aujourd'hui Bld. du Général de Gaulle) et de la rue du Jaïzquibel. Photo estimée à 1932

ANNIVERSAIRE

 

Confrontée à l'implacable destin qui fit basculer sa vie ainsi que celles des siens le 17 mars 1943, Arlette Delvaille-Terris va très prochainement franchir le seuil d'un nouvel anniversaire.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT se joint à ceux qui connurent Arlette sur les bancs de la communale d'Hendaye vers la fin des années vingt pour lui adresser ses voeux les plus émus et chaleureux de longue et paisible existence..

 

                                           

L'ÉTERNEL QUESTIONNEMENT

D'UNE RESCAPÉE DES CHAMBRES À GAZ

 

                                                               D'après des notes recueillies par                                                              Christian Rivière

 

Les meurtrissures éprouvées par les familles des disparus victimes de la dictature nazie laissent encore, 70 années après la fin du Second conflit mondial, de douloureuses traces parmi les Hendayais-es qui furent confrontées aux décès en déportation d'un ou plusieurs de leurs membres. Tel fut le cas d'Arlette Delvaille-Terris, dont le père et la mère périrent gazés au camp d’extermination d'Auschwitz.

 

Les époux Émile et Léa Delvaille tenaient un atelier de confection sur mesure situé à l'angle du boulevard de la Plage (aujourd'hui boulevard du Général de Gaulle) et de la rue du Jaïzquibel. Le nom évocateur de l'enseigne, «Modern Tailor», pouvait faire suggérer que le monde d'alors était une fois pour toutes entré une phase de modernité de laquelle résulterait un élan vertueux qui bannirait à tout jamais l'atrocité des conflits guerriers hérités de rites ancestraux, mais hélas il n'en fut rien ! Les Delvaille résidaient au-dessus de leur atelier et leur fille Arlette, née le 30 septembre 1923, n'était pas encore parvenue au seuil de sa vingtième année lorsque le couple fut arrêté par la Gestapo le 17 mars 1943 en présence d'un gendarme de la brigade d'Hendaye, au prétexte d'une non-soumission à l'obligation du port de l'étoile jaune.

La famille Delvaille au grand complet, photographiée ici lors d'une sortie dominicale devant le bateau échoué qui reposait sur le sable côtier entre Haïçabia et les falaises de Socoa.  Photo estimée à 1935.

La famille Delvaille au grand complet, photographiée ici lors d'une sortie dominicale devant le bateau échoué qui reposait sur le sable côtier entre Haïçabia et les falaises de Socoa. Photo estimée à 1935.

DÉPORTÉS À AUSCHWITZ

 

Après avoir été internés au fort du Hâ à Bordeaux, puis transférés au camp de Mérignac, les époux Delvaille furent ensuite envoyés vers Drancy et déportés à Auschwitz le 25 novembre 1943, où ils furent gazés et incinérés le 7 décembre 1943.

 

Depuis maintenant 72 ans une lancinante question taraude Arlette qui, des années après la Libération, espérait encore que la disparition de ses parents à Auschwitz ne reposait que sur une affirmation erronée. Le prétexte avancé pour envoyer son Papa et sa Maman vers ce lieu de génocide lui paraissant d'autant plus excessif et invraisemblable que des témoins de l'époque se souvenaient que le couple se pliait au port de l'étoile jaune, même si, coquette et fort sensible aux regards suspicieux, Léa Delvaille avait pour habitude de partiellement dissimuler cet insigne discriminatoire en ornant son torse de foulards plus décoratifs les uns que les autres.

 

«Je vis comme une rescapée, pourquoi pas moi ?», réitère inlassablement Arlette depuis ce drame. «Pour quelle raison l'un d’eux a-t-il hurlé, Non ! Pas la fille...» questionne-t-elle, hantée de savoir si ce brailleur lui avait uniquement épargné la vie parce qu'il avait quelque peu été sensibilisé par la mélodie qu'elle jouait au piano du salon à l'étage du dessus au moment même où ces hommes en armes firent irruption dans l'atelier.

 

 

SOULAGÉE D'UN POIDS DEVENU INSUPPORTABLE

 

Tout autant angoissante sera la relation qu'Arlette entretiendra avec son ancien quartier de Caneta, puisqu'elle ne trouvera plus jamais la force psychique d'y réapparaître. Elle relira des décennies durant les lettres de ses parents écrites du fort du Hâ, au camp de Mérignac, ou encore cette ultime missive postée en gare de Bordeaux et rédigée pendant que le convoi qui devait amener ces derniers à Drancy se faisait attendre. Ses nuits devinrent au fil du temps d'autant plus cauchemardesques que cette interminable relecture exerçait des effets toujours moins contrôlables sur son affectivité. Arlette décidera alors de confier ces lettres au Centre de documentation juive contemporaine en s'exprimant ainsi :

 

Monsieur le Conservateur,

 

Mon ami Louis Rivière* m'a conseillé de destiner à votre institution les dernières lettres que mes parents m'ont adressées peu avant leur déportation.

 

Je ne peux plus les lire, cela devient disons un supplice.

 

Quel grand malheur.

 

Je les confie à Maurice Cling** qui a bien voulu accepter de vous les remettre.

 

Ce don me soulage d'un poids devenu insupportable.

 

Leurs adieux seront ainsi associés au souvenir des victimes du génocide perpétré par les nazis.

 

Acceptez, Monsieur le Conservateur, l'expression de ma reconnaissance pour le méthodique travail de mémoire que votre Centre accomplit depuis le retour des rares survivants.

 

Bien cordialement,

 

Arlette Delvaille-Terris

 

 

DANS L'ESPOIR DE CONNAÎTRE UN JOUR UN MONDE MEILLEUR

 

Le cas de rescapée du génocide juif d'Arlette Delvaille-Terris est exemplaire. Les séquelles qui l'accablent sont irréparables et elle vit dans la hantise de ne jamais pouvoir faire son deuil. Elle ignore encore aujourd'hui les motivations de la Gestapo qui a décidé de ne pas la déporter avec ses parents à Auschwitz.

 

La participation d'un gendarme de la brigade d'Hendaye concrétise la collaboration des rouages de l'État français sous l'autorité de Philippe Pétain. Inculpé de haute trahison, ce dernier sera condamné à la peine capitale qui sera par la suite commuée en incarcération à perpétuité.

 

Le 20 Janvier 1942 s'est tenue à Wannsee (aux portes de Berlin) la conférence de mise au point de la Solution finale de la question Juive par recours au génocide institutionnalisé. En 1946 cette disposition et sa mise en œuvre épouvantable ont été qualifiées de crime imprescriptible contre l'Humanité par le tribunal international siégeant à Nuremberg.

 

 

  Voir le portrait de Louis Rivière, ancien déporté, sous notre rubrique "HISTOIRE LOCALE".

**  Maurice Cling est également un ancien déporté, rescapé d'Auschwitz.

 

 

 

 

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